Percé réclame l’aide de Québec pour reconstruire sa promenade

Chaque tempête qui frappe les côtes gaspésiennes cause des dommages à la promenade de Percé, qu’on voit ici après la chute de neige du 27 décembre dernier.
Photo: Thierry Haroun Le Devoir Chaque tempête qui frappe les côtes gaspésiennes cause des dommages à la promenade de Percé, qu’on voit ici après la chute de neige du 27 décembre dernier.

Percé — La Ville de Percé exhorte le gouvernement du Québec à prendre ses responsabilités une fois pour toutes en prenant en charge la reconstruction de la célèbre promenade du village mythique, qui se détériore un peu plus à chaque tempête qui frappe les côtes gaspésiennes.

L’une des infrastructures touristiques les plus sollicitées au Québec en saison estivale, foulée par plus de 600 000 visiteurs venus admirer le rocher Percé, n’est plus que l’ombre d’elle-même, fragilisée qu’elle est par les multiples tempêtes plus fortes les unes que les autres et secouée par des marées hautes qui sont sans pitié pour ses fondations qui datent des années 1970.


« Écoutez, les dommages causés à la promenade par la tempête du 27 décembre dernier vont probablement coûter à la municipalité 150 000 $, rendus au printemps. Et ça, c’est s’il n’y a pas d’autres tempêtes d’ici là ! », déclare au téléphone le maire de Percé, Bruno Cloutier, qui affiche un ras-le-bol complet du fait que, tous les ans, sa municipalité doit consacrer des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars à réparer temporairement la promenade avant l’arrivée des touristes.


Seulement voilà, le petit budget annuel de Percé n’est pas assez garni pour allonger autant d’argent ad vitam aeternam. D’autant que la promenade est à ce point fragilisée par les tempêtes que tout est à refaire et à des coûts qui pourraient atteindre 30 millions dollars. Dans ce contexte, le maire Cloutier renvoie la balle à Québec en lui demandant de prendre en charge tout le dossier.


Dans une lettre expédiée à la première ministre Pauline Marois, et dont Le Devoir a obtenu copie, M. Cloutier rappelle Québec à ses devoirs en soulignant que, en 1974, « le gouvernement du Québec a mis en place une structure pour protéger le littoral sur la partie sud de la baie de Percé. […] Cette structure exceptionnelle, très sérieusement fragilisée [en raison des] changements climatiques, ne sécurise plus les lieux. »

 

L’attentisme de Québec


Le maire déplore par ailleurs l’attentisme dont fait preuve Québec dans ce dossier depuis des lustres, alors que les appels à l’aide de la municipalité sont restés lettre morte. « Depuis quelques années, la Ville de Percé demande que la protection de l’amphithéâtre de l’arrondissement naturel [décrété par Québec en 1973] de la partie nord à la partie sud soit réalisée avant qu’une partie importante du littoral ne soit emportée par la mer. »


Le maire souligne plus loin qu’à l’évidence, « la Ville de Percé, municipalité dévitalisée, n’a pas les moyens financiers ni les ressources pour mettre à niveau cette importante infrastructure qui bénéficie grandement à notre industrie touristique, laquelle génère des retombées économiques des plus importantes dans tout le Québec ». M. Cloutier demande par la même occasion une rencontre avec Pauline Marois, qui est également présidente du Comité ministériel de la région de Gaspésie -Îles-de-la-Madeleine. Cette lettre est adressée aussi au ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, et au ministre de la Culture, Maka Kotto.

 

Une juste part


« Percé est un joyau patrimonial du Québec, alors il faut s’en occuper. C’est pour ça qu’on lance un appel à Québec », ajoute en entrevue le maire, visiblement inquiet pour la pérennité de sa promenade. Un cri d’alarme que partage la préfète de la MRC du Rocher-Percé, Diane Lebouthillier. Selon elle, Percé a droit à sa juste part quant au financement de ses infrastructures touristiques, au premier chef la promenade, du seul fait que son image sert à faire la promotion de la province et du Canada à l’échelle internationale.


« Quand on voit les bateaux de croisière à Québec, c’est bien. Mais on sait que c’est Percé qu’ils sont venus voir. Autant le gouvernement du Québec que celui du Canada se servent de Percé pour faire de la promotion touristique dans le monde. Alors, Percé a droit à sa part. Je vous dirais même que, non seulement Québec doit se mouiller dans ce dossier, mais aussi le fédéral. Percé n’a pas les moyens de reconstruire la promenade. Elle est la municipalité la plus dévitalisée de notre MRC ! » On notera que la MRC du Rocher-Percé est parmi les plus dévitalisées au Québec.


 

Collaborateur

3 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 11 janvier 2013 10 h 43

    Pas une solution

    Si cette promenade est si abîmée, c'est qu'elle est trop proche du bord. Il est connu depuis toujours que les tempêtes et les grandes marées grugent les rivages océaniques. Si on availt laissé la Nature telle qu'elle était, il n'y aurait pas de problème. Rafaire une promenade artificielle n'est pas la solution. Que les touristes aillent admirer le Rocher en marchent tout simplement dans les herbes folles, quoi de plus beau que la Nature ... naturelle !

  • Daniel Lambert - Inscrit 11 janvier 2013 16 h 12

    En marchant dans les herbes.

    Monsieur Terreault, je veux vous rappeler que le rocher se trouve dans la mer, à quelques deux cents pieds du rivage. Et il est entouré d'eau...

    La Promenade a été construite dans les années 70 pour permettre aux touristes d'admirer le paysage... un peu comme on le fait en parcourant la Promenade des Gouverneurs à Québec.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 janvier 2013 10 h 05

      Il est entouré d'eau... à marée haute. Et je ne crois pas que la promenade s'y rende. D'ailleurs, on n'a plus le droit de s'en approcher.