Québec verse 6,3 millions pour l'intégration des immigrants

Québec - Les organismes voués à l'intégration des immigrants recevront cette année une subvention à la hausse de 4 % comparativement à l'an dernier, soit 6,3 millions de dollars.

«Le financement des organismes communautaires est déterminé sur une base statistique et ils ont particulièrement été actifs l'année dernière», a expliqué, hier, Anne Sabourin, attachée politique de la ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, Michelle Courchesne.

Ainsi, les 45 organismes oeuvrant dans l'accueil et l'aide à l'établissement des immigrants se partageront une subvention de 4 445 000 $ pour desservir quelque 22 000 clients. Une aide financière de 1 908 000 $ ira d'autre part aux 38 organismes qui donnent un coup de pouce aux nouveaux arrivants dans la recherche d'un emploi. Environ 7000 personnes ont bénéficié de ces services l'an dernier.

Pas suffisant

La directrice du Centre social d'aide aux immigrants, Laurette Langlais, estime toutefois qu'il s'agit d'une aide bien modeste pour répondre à la demande. «C'est mieux que rien, mais ce n'est pas suffisant pour nous en tout cas», a-t-elle fait valoir, soulignant que l'organisme qu'elle dirige s'occupe de 2000 personnes par an pour une subvention annuelle de 200 000 $.

«Nous trouvons 400 logements par année, nous aidons les arrivants à régulariser leurs papiers, nous les aidons aussi à inscrire leurs enfants à l'école et bien sûr, il y a la francisation», a dit la directrice.

Les immigrants bénéficient en outre de 650 à 800 heures d'enseignement du français, un nombre qu'il faudrait aller jusqu'à doubler, avec les ressources appropriées, pour permettre à la francisation d'être vraiment efficace, souligne Mme Langlais.

«La charge de travail est énorme et l'aide financière est nettement insuffisante», ajoute pour sa part, Ana Gloria Blanch, directrice de Casa Casi, un centre d'aide aux familles immigrantes originaires d'Amérique Latine.

«On reçoit 10 000 appels par année. On s'occupe des papiers d'immigration, on fait de la traduction, on offre des services d'interprète, on accompagne les gens à l'épicerie ou à l'école. Tout est différent ici pour un immigrant», précise Mme Blanch.

Casa Casi, qui compte sur le dévouement de 75 bénévoles, a reçu l'an dernier une subvention de 40 000 $.

Le Québec a reçu, en 2002, 37 619 immigrants. Près de 10 % d'entre eux provenaient du Maroc, suivi, dans l'ordre, de la Chine (8,6 %), de l'Algérie (8,2 %), de la France (7,8 %) et de la Roumanie (7,5 %).