CAD: trois boîtes d'archives s'ajoutent

Québec — Nouveau rebondissement dans l'affaire des archives du CAD: ce n'est pas trois, mais bien neuf boîtes de documents que Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ) a en sa possession, a appris Le Devoir. Le CAD, c'est le Centre d'analyse et de documentation créé après la Crise d'octobre de 1970 et qualifié de «police politique de Robert Bourassa» par les détracteurs de ce dernier. En 1977, le Parti québécois avait démantelé ce centre et détruit la plupart de ses «fiches» accumulées sur quelque 30 000 personnes. Le 8 septembre, Le Devoir révélait qu'un auteur, Denis Lacasse, s'était fait confirmer par BAnQ, après un mois de déni, l'existence de trois boîtes classées dans le fonds d'archives de la commission Keable. Cette dernière a enquêté sur les opérations policières en territoire québécois pendant et après la crise de 1970.

Or, la semaine dernière, BAnQ a informé M. Lacasse que depuis la fin août 2009, «six autres boîtes contenant des documents en provenance du CAD» ont été trouvées au Centre d'archives de Québec. Dans sa lettre, la directrice des affaires juridiques, Isabelle Lafrance, a expliqué que ces boîtes n'avaient pas été repérées dans un premier temps, car elles étaient classées «sous le nom d'origine du CAD, soit "Centre d'archives et de documentation", et non sous l'appellation "Centre d'analyse et de documentation"», nom du CAD à partir de 1975. Bibliothèque et archives nationales promet qu'au début octobre, les documents vont avoir été analysés pour «déterminer s'ils peuvent être accessibles ou s'ils sont soumis à des restrictions d'accès». Certains croient que ces documents pourraient démontrer que des liens existaient entre le bureau de Robert Bourassa, le CAD et la GRC.

Le PQ a réclamé la semaine dernière que tout chercheur ou auteur puisse avoir accès à ces boîtes. Un historien de l'Université Laval, Martin Pâquet, croit que le gouvernement pourrait s'inspirer du cas des archives de la STASI au moment de la réunification allemande: «Les archives ont été ouvertes aux chercheurs, mais sous réserve [d'obtenir] la permission de la personne sur laquelle un dossier avait été constitué.»