En réponse aux critiques du chef libéral - Landry défend les crédits d'impôt et les octrois

Quoi qu'en disent les libéraux, les subventions et crédits d'impôt consentis aux entreprises sont de «l'interventionnisme intelligent et éclairé», estime le premier ministre Bernard Landry.

En voulant éliminer des crédits d'impôt qu'il juge trop généreux, le Parti libéral propose «une absurdité comptable parce que si l'entreprise n'est pas attirée ici par des crédits d'impôt, elle ne paie pas d'impôts, donc on n'a pas l'impôt des salariés et on n'a pas les retombées de la présence des entreprises. Alors, notre stratégie a porté fruits. Et, bien sûr, nous allons la continuer», a plaidé Bernard Landry.

De passage à Laval, à l'Institut Armand-Frappier, qui oeuvre dans l'industrie pharmaceutique, puis à Mirabel, dans une usine de construction de trains d'atterrissage d'avions, le chef péquiste a affirmé que ces lieux ont pu se développer grâce à la stratégie interventionniste du Parti québécois. «C'est dire que nous avons réussi, selon le modèle québécois: l'encouragement de la recherche et du développement est la clé de tout», a dit M. Landry. Québec a consenti un prêt de 1,5 million de dollars à l'usine Messier-Dowty de Mirabel pour qu'elle acquière trois machines permettant de construire ses trains d'atterrissage, prêt qui lui a permis de créer neuf emplois et de maintenir sa compétitivité. «Vous voyez que ce million et demi était un bon placement», a-t-il lancé.

Au Québec, reproche le PLQ, on dépense quatre fois plus que l'Ontario en subventions et en crédits d'impôt alors que le Québec compte 50 % moins d'habitants. «Le Québec reçoit en deçà de 18 % des investissements privés au Canada alors que le Québec compte 24 % de la population canadienne», a déjà affirmé Jean Charest à ce sujet sans vouloir nommer les crédits d'impôt qu'il éliminerait. «Dire que cela n'a pas réussi est une monstruosité, a répondu Bernard Landry. Depuis cinq ans, la croissance économique du Québec dépasse celle de l'Ontario et celles des pays de l'OCDE. Nous allons mettre en avant nos stratégies qui ont porté fruits, qui ont fait passer le chômage de 14 à 8 %, qui ont fait que la ville de Montréal reluit comme un joyau de la haute technologie dans notre continent et dans le monde.»

Bernard Landry a toutefois émis un bémol au sujet de la Cité du commerce électronique, dont les entreprises de haute technologie qui s'y installent ont reçu 76 millions en crédits d'impôt. «Les secteurs qu'on a rendus brillants et qui ont moins besoin verront le tir se rediriger vers les secteurs qui en ont le plus besoin», a-t-il dit.

Depuis le débat des chefs, Bernard Landry réalise des points de presse qui portent pour l'essentiel sur la condamnation de propositions libérales. «Est-ce qu'il faut se sentir menacé pour dénoncer de mauvaises idées? Ce n'est pas une question de menace, c'est une question de devoir d'État», s'est-il défendu.