Voitures hybrides: les écologistes tiennent à l'exemption de taxes

Onze leaders écologistes ont écrit une lettre ouverte aux trois ministres québécois responsables des Transports, de l'Environnement et des Finances pour leur dire que Québec ne doit pas mettre fin, surtout maintenant, à l'exemption de taxes d'achat applicables aux véhicules hybrides et électriques en attendant la mise en place d'un système universel de malus-bonus.

Ils demandent mê-me aux trois ministres non seulement de revoir la position du gouvernement Charest dans cette affaire, mais aussi d'étendre cette exemption de taxes à tout achat de vélo, un mode de transport actif particulièrement écologique, ainsi qu'aux motos et scooters électriques, de plus en plus présents au Québec.

«Reculer n'est plus une option», écrivent les 11 leaders écologistes, d'autant plus que le prix du carburant a régressé, que les constructeurs d'automobiles offrent des rabais majeurs pour écouler leurs gros véhicules énergivores et que le gouvernement fédéral a laissé tomber, contre toute logique environnementale, son crédit à l'achat ou à la location de véhicules écoénergétiques.

Se référant aux rumeurs de plus en plus persistantes d'un abandon de cette exemption de taxe, les écologistes estiment qu'il y a là un «danger» de compromettre le changement d'habitudes qui gagne les rangs des automobilistes pétrophiles.

«Si le gouvernement du Québec, qui se dit particulièrement sensible au dossier du réchauffement climatique, laisse lui aussi tomber ce programme, le message sera que le réchauffement climatique est sans grande importance, brisant ainsi ce momentum que nous avons mis tant d'efforts à créer et qui commence à porter ses fruits.»

Le financement de cette exemption de taxes devrait, ajoute la lettre des écologistes, se financer à même la taxe sur le carbone de 0,8 ¢ le litre, une taxe qui a précisément pour objectif officiel de financer les programmes de lutte contre les changements climatiques. À leur avis, ce crédit de taxe à l'achat des véhicules doit se prolonger dans un malus-bonus qui toucherait autant l'achat que l'immatriculation des véhicules, récompensant les conducteurs peu énergivores grâce à la surtaxe imposée à ceux qui tiennent peu compte de la consommation de leurs véhicules et de leurs émissions de gaz à effet de serre. Mais en attendant un système universel qui toucherait tous les véhicules, Québec doit au moins maintenir en place l'exemption de taxes accordée aux hybrides et aux véhicules électriques.