Valérie Plante demande un «plan de réouverture complet» en culture

La mairesse Valérie Plante craint «qu’on manque le bateau» pour organiser les événements de cet été, alors qu'une cinquantaine de rassemblements en mars et avril ont déjà été annulés.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir (Archives) La mairesse Valérie Plante craint «qu’on manque le bateau» pour organiser les événements de cet été, alors qu'une cinquantaine de rassemblements en mars et avril ont déjà été annulés.

La mairesse de Montréal demande plus de prévisibilité au gouvernement québécois et à la Santé publique, pour assurer la relance de l’industrie événementielle et culturelle de la métropole d’ici l’été. Des pertes de plusieurs millions de dollars seraient en jeu.

Accompagnée d’Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal, et de Glenn Castanheira, directeur général de la Société de développement commercial Montréal Centre-Ville, Valérie Plante a demandé un « plan de réouverture complet ».

« D’autres provinces ont de la prévisibilité, mais pas le Québec. Montréal, en tant que métropole culturelle et économique, a besoin de ce plan pour pouvoir soutenir l’ensemble de son secteur », a ajouté la mairesse, qui a peur « qu’on manque le bateau » pour organiser les événements de cet été, tels que les festivals, les spectacles, mais aussi les congrès, qui réunissent des centaines de voyageurs internationaux.

En plus d’un plan de réouverture, la cheffe de Projet Montréal aimerait savoir quelles seront les règles sanitaires exigées au printemps et à l’été, et demande au gouvernement provincial de « continuer à soutenir financièrement les salles de spectacle, qui vont ouvrir à perte dès demain en accueillant à 50 % de leur capacité ».

D’autres provinces ont de la prévisibilité, mais pas le Québec

 

Contacté par Le Devoir, Québec a indiqué ne rien avoir « à ajouter aux propos du gouvernement et de la Santé publique déjà communiqués cette semaine » et qu’un point serait fait « comme à l’habitude lors des prochains jours ».

Compétitivité accrue

 

« Montréal court non seulement un risque financier, mais aussi de réputation, nos règles sanitaires étant plus rigides que celles de nos compétiteurs, malgré la performance de [la ville] en ce qui a trait à la vaccination », estime Yves Lalumière.

En effet, d’autres villes, comme Toronto, ont dévoilé fin janvier un plan d’assouplissement graduel des mesures sanitaires. Ce n’est pas le cas à Montréal, où une cinquantaine de rassemblements en mars et avril ont déjà été annulés.

Si le Québec a pu compter sur les touristes locaux pour raviver la fréquentation estivale des musées, des restaurants et des autres services culturels et touristiques, le directeur général de la Société de développement commercial Montréal Centre-Ville estime que la situation sera bien différente cet été. « L’an dernier, le monde entier était confiné. Cette année, c’est tout l’inverse. »

La métropole perd de sa compétitivité par rapport aux autres villes nord-américaines, et cela risque d’entacher sa réputation de pôle culturel, qui a pris des « décennies à se développer », déplore Glenn Castanheira.

Respect des consignes sanitaires

 

Valérie Plante a pris le soin de souligner que la Ville de Montréal est toujours en état d’urgence. L’idée n’étant pas de défier les décisions de la Santé publique, mais d’obtenir « un plan clair, des échéanciers de réouverture, accompagnés de mesures sanitaires », a-t-elle ajouté.

« Le milieu des affaires et culturel québécois », lui, continuera de les respecter « de façon exemplaire », comme il le fait « depuis le premier jour » de la pandémie, a souligné Glenn Castanheira. 

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