Valérie Plante assure qu’elle privilégie la police de proximité

Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, avait souligné au début du mois qu’il envisageait la fermeture de postes de quartier pour des raisons budgétaires et soutenu qu’il préférait voir davantage de policiers sur le terrain plutôt que dans des bâtiments.
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Le directeur du SPVM, Sylvain Caron, avait souligné au début du mois qu’il envisageait la fermeture de postes de quartier pour des raisons budgétaires et soutenu qu’il préférait voir davantage de policiers sur le terrain plutôt que dans des bâtiments.

Valérie Plante a voulu être rassurante, mercredi matin, au sujet de possibles fusions de postes de quartier à Montréal. La mairesse a soutenu que son administration privilégiait la police de proximité et qu’aucune demande formelle de fusion n’avait été déposée par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« C’est très important pour nous d’envoyer un message clair ce matin, qui est celui que la police de proximité dans nos quartiers est importante et que nous n’allons jamais faire quoi que ce soit pour mettre ça en péril, au contraire. Nous, ce qu’on souhaite, c’est que le lien entre le SPVM et les communautés locales soit toujours plus fort », a expliqué la mairesse à l’occasion de la séance hebdomadaire du comité exécutif. « Nous n’avons pas l’intention d’éliminer ou d’enlever des postes de quartier. »

Ces propos font suite aux déclarations du directeur du SPVM, Sylvain Caron, qui, lors de la présentation du budget du corps de police devant la Commission des finances le 6 janvier dernier, avait indiqué qu’il envisageait la fermeture de postes de quartier pour des raisons budgétaires. Il soutenait alors que la structure de 30 antennes disséminées sur le territoire était coûteuse et qu’il préférait avoir davantage de policiers sur le terrain plutôt que dans des bâtiments.

Valérie Plante a précisé mercredi qu’aucune demande n’avait été déposée par le SPVM pour des fusions de postes de quartier. « Nous attendrons de voir les propositions du chef de police de la Ville de Montréal. Ça fait partie de son mandat et de ses prérogatives de nous faire des suggestions, soit, mais c’est bien sûr à nous d’en faire l’étude et, surtout, de consulter la population. »

Le SPVM a d’ailleurs déposé mercredi le rapport sur la fusion très controversée survenue en octobre 2020 des postes de quartier 9 et 11, qui desservent Côte-Saint-Luc, Hampstead, Montréal-Ouest et l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Selon le SPVM, la fusion des deux postes n’a pas eu de retombées négatives sur le territoire, bien que des améliorations soient envisagées pour réduire le temps de réponse aux appels. Le rapport fait notamment état d’une augmentation allant de 16,4 % à 21,2 % du temps moyen de réponse pour les appels de priorité 1, 2 et 3 au poste 9 — après la fusion —, comparativement au temps de réponse observé pour le poste 11, en 2019-2020, avant qu’il ne ferme ses portes.

Propos contradictoires

 

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Aref Salem, a admis avoir du mal à comprendre la position de la mairesse qui, dans les jours suivant les déclarations de Sylvain Caron, avait dit appuyer la volonté du directeur de police de réformer le SPVM. « La semaine dernière, elle a dit qu’elle était en accord avec le chef de police. […] Aujourd’hui, elle dit non, je suis contre. À un moment donné, il va falloir que la mairesse sache sur quel pied danser pour qu’on puisse la suivre », a commenté le chef d’Ensemble Montréal, qui souhaite obtenir des réponses claires de l’administration.

Le maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, juge aussi que la position de la mairesse va dans le sens contraire des propos de Sylvain Caron. « Il semble que les deux, la mairesse et le chef, devraient s’asseoir autour de la même table et peut-être faire pile ou face pour prendre une décision », a-t-il lancé à la blague.

Avec Zacharie Goudreault

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