Denis Coderre dévoilera ses clients à un avocat de la Ville s'il est élu

Depuis sa défaite aux dernières élections municipales, M. Coderre a travaillé comme consultant pour plusieurs entreprises privées, ce qui lui a rapporté plusieurs centaines de milliers de dollars
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Depuis sa défaite aux dernières élections municipales, M. Coderre a travaillé comme consultant pour plusieurs entreprises privées, ce qui lui a rapporté plusieurs centaines de milliers de dollars

Le chef d’Ensemble Montréal, Denis Coderre, promet de dévoiler à un avocat de la Ville les mandats qu’il a exercés pour le secteur privé au cours des quatre dernières années à titre de consultant, s’il est élu dimanche, afin que celui-ci relève les potentiels conflits d’intérêts avec son rôle de maire.

Depuis sa défaite aux dernières élections municipales, en novembre 2017, M. Coderre a travaillé comme consultant pour plusieurs entreprises privées, ce qui lui a rapporté plusieurs centaines de milliers de dollars. Il a notamment travaillé pour la Fédération internationale de l’automobile et l’entreprise Stingray en plus de fonder une entreprise de conseils.

À quelques jours des élections, le candidat à la mairie continue toutefois de refuser de dévoiler la liste complète des mandats qu’il a exercés pour le secteur privé de 2017 à 2021 et les revenus qu’il en a tirés. Ce qui lui a valu mardi les critiques acérées de la cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante, qui a comparé cette affaire à la saga de la Formule électrique, en 2017. Pendant des semaines, Denis Coderre, alors maire de Montréal, avait gardé le silence sur le nombre de billets réellement vendus en prévision de cet événement. « On est en 2021, et c’est la même chose, Denis Coderre refuse de dévoiler ses revenus et qui étaient ses employeurs », a déploré Mme Plante mardi après-midi, lors d’une conférence de presse au centre-ville.

« C’est un manque flagrant de transparence, et les Montréalais auraient le droit à des réponses avant d’aller voter », a-t-elle poursuivi. Mme Plante a d’ailleurs dévoilé, ces derniers jours, ses déclarations de revenus pour les quatre dernières années. Elle a ainsi gagné des revenus d’emploi d’un peu plus de 180 000 dollars annuellement, de même que 35 000 dollars par année en revenus de location.

« Je pense que cette administration-là fait tout pour ne pas parler de son bilan, parce que ce serait encore plus désastreux en termes de ce que ça a coûté à la population. Et moi, encore une fois, je ne suis pas désespéré, je ne fais pas d’attaques personnelles », a répliqué M. Coderre à sa principale adversaire, mardi après-midi, en marge d’une conférence de presse distincte.

Pour sa part, le chef d’Ensemble Montréal, qui a promis lundi qu’il dévoilera sa liste de clients s’il est élu maire de Montréal dimanche prochain, s’est de nouveau défendu dans ce dossier mardi. « Il n’y aura pas de cachettes », a insisté l’aspirant maire lorsque les médias l’ont talonné sur cette question. M. Coderre a ainsi promis mardi de se tourner vers le conseiller à l’éthique de la Ville, « qui est un avocat », pour le « guider dans la façon de faire les choses », s’il est élu.

« Je vais pouvoir sortir tout le pedigree, et on va pouvoir répondre à ses questions », a déclaré M. Coderre, en référence au consultant à l’éthique de la Ville. Le candidat à la mairie a par ailleurs fait valoir qu’il se doit d’agir de façon « intègre » à l’égard des entreprises pour lesquelles il a travaillé dans les dernières années. « Il y a des choses que je ne peux pas dire parce que je dois respecter des ententes de confidentialité », a-t-il insisté à plusieurs reprises.

Puisque Denis Coderre n’est pas actuellement un élu, il n’est pas dans l’obligation de rendre ses sources de revenus publiques. Il avait toutefois accepté d’ouvrir ses livres pendant la campagne électorale de 2013, alors qu’il se présentait à la mairie de Montréal.

Assouplir le projet de loi 96

Denis Coderre a également annoncé mardi son intention de réclamer auprès du gouvernement du Québec des modifications au projet de loi 96 sur la protection de la langue française afin d’assurer une meilleure protection des droits des anglophones, notamment à Montréal.

« Il faut se rappeler qu’ils [les Québécois anglophones] paient aussi des taxes. Et quand on paie des taxes, on a le droit à des services », a lancé le candidat à la mairie, qui souhaite notamment s’assurer que le service 311 reste bilingue à Montréal.

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