Valérie Plante promet 250 policiers supplémentaires d’ici la fin de 2022

La cheffe de Projet Montréal a dévoilé ses 10 priorités si elle est de nouveau élue mairesse de la métropole.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La cheffe de Projet Montréal a dévoilé ses 10 priorités si elle est de nouveau élue mairesse de la métropole.

La cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante, promet d’embaucher 250 policiers d’ici la fin de 2022, au moment où la question de sécurité publique dans la métropole préoccupe de nombreux électeurs, faisant ainsi écho à un engagement pris dans les dernières semaines par son principal adversaire, Denis Coderre.

Depuis le début de l’année, la Ville a procédé à l’embauche de 190 policiers, auxquels s’ajouteront 30 policiers supplémentaires d’ici la fin de l’année. Mme Plante s’engage ainsi à recruter tout autant d’agents l’an prochain, soit 220, pour en arriver à un total de 250 nouvelles embauches entre le moment actuel et la fin de 2022. De ce nombre, 80 entreront en fonction d’ici la fin du mois de janvier prochain, a indiqué mardi après-midi la candidate à la mairie lors d’une conférence de presse tenue au centre-ville de Montréal.

L’ajout de ces 250 nouveaux policiers tiendrait donc compte des départs annuels à la retraite pour représenter un ajout net dans les rangs du SPVM, a par la suite précisé Mme Plante. « On a accéléré l’embauche », a-t-elle fait valoir, le nombre de fusillades et de tentatives de meurtre ayant connu une hausse importante à Montréal dans les dernières années.

Un engagement similaire

Cette promesse électorale s’apparente à celle du chef d’Ensemble Montréal, Denis Coderre, qui a aussi déclaré dans les dernières semaines qu’il manque selon lui au moins 250 policiers à Montréal pour que le SPVM puisse atteindre le maximum d’effectifs autorisé, soit 4800 agents. Il a aussi évoqué la possibilité de faire passer ce seuil à 5000, ce qui nécessiterait toutefois l’accord du gouvernement du Québec. Mme Plante ne croit toutefois pas pour autant que sa vision en matière de sécurité publique converge avec celle de son principal adversaire dans la course à la mairie de Montréal.

« Au final, je pense que ce qui est important du côté de la sécurité publique, c’est qu’on a mis [des ressources] au fur et à mesure des besoins, on a augmenté les escouades [spécialisées], on a augmenté les ressources en travaillant de concert avec le SPVM et les organismes communautaires […] Pour nous, ce n’est pas juste d’ajouter des policiers sans dire où ils vont aller », a lancé Mme Plante. Elle a ainsi fait valoir que son plan en matière de sécurité publique est plus « solide » que celui de son adversaire, notamment parce que son parti mise sur des équipes mixtes pour lutter contre le trafic d’armes et le crime organisé. « C’est le nerf de la guerre », a-t-elle affirmé.

Par écrit, le porte-parole en sécurité d’Ensemble Montréal, Abdelhaq Sari, a quant à lui qualifié de « changement de discours majeur » cette annonce de Projet Montréal, qu’il juge improvisée.

« Ces ajouts de policiers n’étaient ni dans le cadre financier ni dans la plateforme de Projet Montréal. Cette improvisation en matière de sécurité n’est rien d’autre que de la récupération de mesures déjà annoncées par notre parti », a-t-il plaidé. Ensemble Montréal n’a toutefois pas d’échéancier clair concernant son engagement d’embauche 250 nouveaux policiers, disant simplement vouloir agir rapidement en ce sens.

Un compromis sur le registre des loyers

En présence de sa candidate du district du Vieux-Rosemont, Dominique Ollivier, Mme Plante a d’autre part présenté mardi les autres engagements qu’elle souhaite concrétiser dans les 100 premiers jours de son éventuel mandat. Du nombre, la cheffe de Projet Montréal a réitéré sa promesse d’assurer la protection du golf d’Anjou à titre d’espace vert en l’intégrant à son projet de grand parc de l’Est. 

En matière d’habitation, Projet Montréal s’engage à créer rapidement un registre des baux résidentiels pour contrer les hausses de loyer abusives dans le cadre d’une certification « propriétaire responsable ». Celui-ci ne s’appliquera toutefois dans un premier temps qu’aux immeubles de huit logements et plus, a-t-elle précisé, disant voir là un compromis entre les attentes des associations de locataires, qui souhaitent qu’un tel registre s’applique à tous les types d’immeubles, et les regroupements de propriétaires, « qui pensent qu’on va trop vite ».

« Donc, moi, je pense que c’est la bonne approche de commencer avec huit logements et plus, quand on sait que la plupart des abus et des rénovictions se passent dans ce genre de [bâtiments] », a fait valoir Mme Plante.

La crise du logement s’est d’ailleurs imposée au cours des dernières semaines comme étant le dossier numéro un de cette campagne municipale, qui tire à sa fin.

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