Projet Montréal promet un «Métrobus» sur le boulevard Henri-Bourassa

Projet Montréal propose que des bus de la STM circulent dans leur propre voie sur une distance de 10 km sur le boulevard Henri-Bourassa. La fréquence de cette ligne s'apparenterait à celle du métro, d’où le surnom qui lui a été donné.
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne Projet Montréal propose que des bus de la STM circulent dans leur propre voie sur une distance de 10 km sur le boulevard Henri-Bourassa. La fréquence de cette ligne s'apparenterait à celle du métro, d’où le surnom qui lui a été donné.

Le parti de Valérie Plante souhaite diminuer la congestion routière sur le boulevard Henri-Bourassa, dans le nord de l’île de Montréal, en y implantant un « Métrobus » qui desservira trois arrondissements de la métropole et permettra de faciliter l’accès à de futures stations du Réseau express métropolitain (REM).

La Société de transport de Montréal (STM) prévoit déjà depuis quelques mois de bonifier l’offre de transport sur les voies réservées du boulevard Henri-Bourassa qui, avec ses quelque 60 000 déplacements quotidiens en transport collectif, représente déjà l’axe le plus achalandé par les bus de l’organisme. Projet Montréal a donc donné son appui mercredi à ce projet, tout en détaillant sa vision de celui-ci.

Le parti de Valérie Plante propose ainsi que des bus de la STM circulent dans leur propre voie sur une distance de 10 km sur cet axe routier, qui relie d’est en ouest les arrondissements de Montréal-Nord, d’Ahuntsic-Cartierville et de Saint-Laurent. Cette ligne de bus, dont la fréquence s’apparenterait à celle du métro, d’où le surnom qui lui a été donné par la formation politique, relierait d’autre part la future station Du Ruisseau, de la première phase du REM, et celle qui verra le jour à Montréal-Nord dans le cadre d’une deuxième phase de ce projet de train léger qui desservira l’est de Montréal, tout en s’arrêtant à la station de métro Henri-Bourassa. Comme le prévoit la STM, des bus circuleront sur cette voie réservée 24 heures sur 24, toute la semaine.

« C’est vraiment un corridor où ça va servir beaucoup d’utilisateurs du transport en commun », a fait valoir au Devoir mercredi le responsable de la mobilité au comité exécutif, Éric Alan Caldwell, en marge d’une conférence de presse tenue en matinée au terminus Henri-Bourassa, situé dans Ahuntsic-Cartierville. « Ce qui est fondamental, c’est quand on peut se fier à l’autobus », dont la ponctualité sur cette artère sera assurée par la présence de voies réservées, où celui-ci pourra contourner le trafic aux heures de pointe, a expliqué l’élu de Projet Montréal.

Pendant cet événement, M. Caldwell a d’ailleurs évalué à 6 millions de dollars par kilomètre le coût de réalisation de ce projet. On en arrive donc à une estimation de 60 millions de dollars pour l’ensemble de ce projet. Or, la facture de plusieurs projets de la STM a eu tendance à gonfler considérablement dans les dernières années, incluant celle du service rapide par bus du boulevard Pie-IX, qui est attendu depuis des années.

D’ailleurs, même si la STM envisage de couper dans son offre de service par bus et métro dès l’an prochain en raison de son lourd déficit, Projet Montréal ne croit pas pour autant qu’il faille retarder des projets de transport en commun comme celui prévu sur le boulevard Henri-Bourassa, au contraire.

« C’est le bon moment, justement. Si on veut profiter de notre réseau de transport collectif, il faut savoir mieux le connecter et il faut savoir bonifier la fiabilité et la rapidité avec des interventions comme celle qu’on propose sur le boulevard Henri-Bourassa », affirme M. Caldwell. L’élu espère ainsi qu’un tel projet contribuera à augmenter l’achalandage de la STM, qui a grandement écopé de la pandémie.

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