Une campagne électorale plus diversifiée que jamais à Montréal

Balarama Holness veut devenir le premier maire noir de Montréal.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Balarama Holness veut devenir le premier maire noir de Montréal.

Le visage des candidats aux élections municipales à Montréal change. Le nombre d’aspirants élus qui « s’identifient comme minorité visible » a bondi par rapport à la dernière campagne électorale. 

Pas moins de 71 candidats à l’un ou l’autre des postes d’élus s’identifient cette année comme minorité visible, contre 43 en 2017, selon un sondage publié par Élections Montréal.

Près de la moitié (48 %) des personnes candidates interrogées s’identifie soit comme autochtone, soit comme minorité visible, soit comme une personne handicapée ou soit comme quelqu’un dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais. Cette proportion était de 32 % en 2017.

Les listes de candidats respectent aussi la parité homme-femme. Les femmes représentent cette année 46,9 % des candidatures aux divers postes électifs, alors que les hommes représentent 53,1 % des candidatures reçues.

Quant à l’expérience des candidats, cette élection-ci fait la belle part aux nouveaux venus. En 2017, 30,5 % des personnes étaient des candidats sortants tandis que, cette année, seulement 17,4 % de candidats sortants se sont présentés à l’un ou l’autre des 103 postes. « C’est donc dire que l’élection de 2021 présente plusieurs nouveaux visages », souligne Élections Montréal.

L’organisme non partisan a dévoilé ces données en se basant sur un questionnaire « d’auto-identification ». Un total de 281 personnes candidates sur 343 a rempli le formulaire, soit un taux de réponse de 81,9 %.

Plus d’employés municipaux

Afin que « la métropole soit exemplaire en matière de représentativité », la Ville de Montréal doit élargir son bassin de candidats et ouvrir ses « postes vacants à l’interne et à l’externe », a déclaré dimanche le chef d’Ensemble Montréal, Denis Coderre.

À l’heure actuelle, seulement 21 % des 25 000 employés de la Ville de Montréal sont issus des minorités visibles et ethnoculturelles, alors qu’ils représentent un tiers de sa population. « On va s’assurer qu’ils se sentent les bienvenus et on va les attirer en conséquence », a promis l’aspirant maire en ajoutant qu’une ligne téléphonique de dénonciation anonyme doit aussi être mise en place pour garantir un emploi à la Ville exempt de discrimination.

Projet Montréal abonde dans ce sens. Le parti de Valérie Plante promet d’instaurer « une cible de 35 % d’embauches de minorités visibles et ethniques et de personnes avec un handicap » s’il est reporté au pouvoir.

Tout comme ses adversaires, Balarama Holness, chef de Mouvement Montréal, s’est engagé à appliquer les recommandations du rapport sur le « racisme et les discriminations systémiques » de l’Office de consultation publique de Montréal. Son parti propose également d’appliquer « un règlement exigeant que tous les partis politiques municipaux aient au moins 30 % de leurs candidats issus de milieux ethnoculturels ».

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