Denis Coderre et Valérie Plante s’engagent à créer un registre des baux

Valérie Plante a présenté un projet de certification qui serait imposée aux propriétaires d’immeubles de huit logements et plus.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Valérie Plante a présenté un projet de certification qui serait imposée aux propriétaires d’immeubles de huit logements et plus.

Les deux principaux candidats à la mairie de Montréal, Valérie Plante et Denis Coderre, ont l’intention de mettre en place un registre des baux résidentiels s’ils sont élus le 7 novembre prochain.

Dans le cas de Projet Montréal, ce registre se limiterait toutefois aux immeubles de huit logements et plus dans le cadre d’une certification « propriétaire responsable ». Pour lutter contre l’insalubrité, son adversaire d’Ensemble Montréal suggère de son côté d’imposer une taxe aux propriétaires négligents.

Denis Coderre a dévoilé lundi matin les grandes lignes de sa plateforme électorale. Outre l’instauration d’un registre des baux, son parti promet de mettre en place un plan pour lutter contre l’insalubrité des logements en obligeant notamment les propriétaires commerciaux à effectuer une inspection indépendante des logements de plus de 20 ans. Ensemble Montréal propose aussi de hausser les amendes, d’imposer une taxe à l’insalubrité et d’augmenter le nombre d’inspections et d’inspecteurs.

Une administration Coderre abolirait également le règlement pour une métropole mixte (aussi connu sous le nom de règlement 20-20-20) de l’administration Plante pour plutôt travailler à instaurer une politique d’inclusion sur l’ensemble du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) afin d’obliger les promoteurs immobiliers à inclure 15 % de logements sociaux dans leurs grands projets.

Certification pour les propriétaires

De son côté, Valérie Plante a présenté un projet de certification qui serait imposée aux propriétaires d’immeubles de huit logements et plus. Cette mesure vise à recueillir des informations telles que le montant du loyer payé par les locataires et à valider l’état des bâtiments. Des plans de gestion de la vermine seraient exigés des propriétaires et ceux-ci devraient rendre compte de la présence de moisissures et de la conformité des systèmes contre les incendies.

Ces informations seraient accessibles en données ouvertes afin d’aider les locataires dans leur recherche de logement. La certification serait renouvelable tous les cinq ans, et les propriétaires qui loueraient des logements sans détenir ce permis seraient passibles d’amendes mensuelles. Projet Montréal dit s’être inspiré des modèles de certification mis en place dans d’autres grandes villes, comme Toronto, Vancouver, Boston et New York, pour élaborer son plan.

S’il se réjouit de la promesse de Projet Montréal de créer un registre des baux, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) est déçu que la mesure proposée ne s’applique qu’aux immeubles de huit logements et plus, et ne touche donc que 216 000 appartements.

Caméras portatives

La plateforme électorale dévoilée par Ensemble Montréal prévoit aussi de doter les policiers de caméras portatives. « Les caméras portatives ont fait partie du discours de l’administration actuelle. Nous, on va le faire et dans la première année », a soutenu Guillaume Lavoie, candidat à la mairie de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et responsable de l’élaboration de la plateforme électorale du parti.

Il faut que la Ville puisse gérer le parc immobilier scolaire, estime aussi Ensemble Montréal, qui considère « la brique et le béton comme des équipements communautaires ». Denis Coderre, qui parle de ce souhait depuis des années, croit que Québec pourrait être ouvert à cette proposition. Selon lui, la Ville est mieux placée pour entretenir ce parc immobilier vieillissant : « Les champignons dans les écoles, je veux qu’ils soient dans les assiettes, pas dans les plafonds. »

Deux refuges pour animaux

Ensemble Montréal veut également faire de Montréal une ville « amie des animaux » avec la création de deux nouveaux refuges animaliers, un dans l’est de l’île et l’autre dans l’ouest, et s’engage à ne pas créer une réglementation visant les chiens en fonction de leur race, ce qui contraste avec le règlement de 2016 interdisant les pitbulls adopté par l’ex-administration Coderre. « C’était une erreur », a admis lundi le chef d’Ensemble Montréal.

L’aspirant-maire veut aussi faire de l’est de Montréal la « Silicon Valley verte du Québec » avec un pôle de commerces écologiques, des start-up vertes et des habitations écoresponsables basées sur l’économie sociale et circulaire.

En matière de transport, le parti de Denis Coderre entend pérenniser les navettes fluviales et en mettre d’autres en place. Il promet également d’élaborer un plan de mobilité « ambitieux » et insiste sur l’importance de réaliser les grands projets déjà amorcés, tels que le prolongement de la ligne bleue, le service rapide par bus sur le boulevard Pie-IX et le lien vers Lachine. L’offre de transport collectif doit aussi être bien adaptée à la réalité des Montréalais, a souligné Guillaume Lavoie. « On ne fera pas le fétichisme du mode lourd : ce sera le bon mode, au bon endroit, au bon moment », a-t-il dit. « Et un autobus toutes les 10 minutes, ce n’est pas trois autobus toutes les demi-heures. » À cet égard, Ensemble Montréal s’engage à créer une « charte d’engagement de la qualité ».

Denis Coderre veut aussi que les rues sans arbres soient chose du passé, et son administration, si elle est portée au pouvoir, poursuivra les démarches de reconnaissances du statut patrimonial du mont Royal à l’UNESCO.

Au cours des prochaines semaines, Ensemble Montréal présentera des plans détaillés pour chaque élément de sa plateforme électorale.



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