Des candidats à la mairie de Montréal mécontents d’être exclus de plusieurs débats

Balarama Holness, qui dirige Mouvement Montréal, estime que Tourisme Montréal a «réduit au silence une pluralité de perspectives».
Photo: Adil Boukind Le Devoir Balarama Holness, qui dirige Mouvement Montréal, estime que Tourisme Montréal a «réduit au silence une pluralité de perspectives».

Les chefs des partis Mouvement Montréal et Ralliement pour Montréal sont furieux de ne pas avoir été invités à plusieurs grands débats dans le cadre de la campagne électorale municipale.

Jeudi, seuls Valérie Plante et Denis Coderre ont participé au débat organisé par Tourisme Montréal. Et le scénario se répétera jeudi prochain alors que les deux principaux candidats s’affronteront de nouveau devant le Conseil de relations internationales de Montréal (CORIM), ainsi que le 18 octobre devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Balarama Holness, qui dirige Mouvement Montréal, estime que Tourisme Montréal a « réduit au silence une pluralité de perspectives » en excluant sa participation au débat de jeudi. Selon un sondage Léger-Le Devoir publié mercredi, M. Holness recueille 8 % des intentions de vote. « 8 %, ça devrait être suffisant pour être présent », dit-il, jugeant qu’avec ses 36 candidats, son parti représente une alternative au duo Plante-Coderre. « Nous avons une vision économique pour la ville de Montréal et nous voulons aller plus loin que la Loi sur le statut de métropole. On voudrait partager notre vision avec le secteur des affaires devant le CORIM et la chambre de commerce, mais on ne peut pas le faire. »

« Je trouve ça petit. Les gens sont tannés des vieux partis, mais quand de nouvelles voix se font entendre, on ne les juge pas assez crédibles », déplore pour sa part Marc-Antoine Desjardins, chef du Ralliement pour Montréal, qui compte pour l’instant une trentaine de candidats. « Je ne comprends pas ce snobisme structurel. Même si je n’avais qu’un seul candidat, je pourrais être élu à la mairie de Montréal. Tout le monde devrait être là. »

Tourisme Montréal indique avoir choisi d’inviter les chefs de partis présentant des candidats dans une majorité des 103 postes en élection. De son côté, le CORIM précise que pour participer à leur débat, les candidats doivent pouvoir compter sur plus de 10 % des intentions de vote. À la CCMM, en plus de bénéficier de plus 10 % des appuis, les aspirants maires doivent avoir des candidats pour au moins 75 % des 103 postes d’élus à combler. Avec respectivement 8 % et 5 % des intentions de vote et une trentaine de candidats, Balarama Holness et Marc-Antoine Desjardins ne se qualifient pas pour une invitation à ces événements.

En revanche, ils ont été invités à participer à d’autres débats, dont celui des Amis de la montagne qui aura lieu le 30 septembre prochain. « Pour nous, c’était important d’avoir l’unanimité pour le mont Royal. Les quatre partis ont déjà pris des engagements pour la montagne. On veut entendre tous les candidats », a expliqué Maryline Charbonneau, directrice des affaires publiques aux Amis de la montagne.

Rappelons que lors de la campagne électorale de 2013, la candidate à la mairie de Montréal Mélanie Joly avait été boudée par les organisateurs de débats jusqu’à ce qu’un sondage révèle qu’elle récoltait 16 % des intentions de vote à un mois du scrutin. La CCMM, le CORIM, Radio-Canada et LCN, qui ne l’avaient pas invitée à débattre, s’étaient alors ravisés.

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