Montréal compte aménager de nouvelles voies réservées aux bus

Avec ses projets de voies réservées, la STM souhaite rendre le service d'autobus plus rapide et plus fiable afin d’inciter les Montréalais à opter pour le transport collectif, durement touché par la pandémie.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Avec ses projets de voies réservées, la STM souhaite rendre le service d'autobus plus rapide et plus fiable afin d’inciter les Montréalais à opter pour le transport collectif, durement touché par la pandémie.

De nouvelles voies réservées aux autobus seront implantées ces prochaines années à Montréal, dont des passages accessibles 24 heures sur 24 le long du boulevard Henri-Bourassa et de l’avenue du Parc.

Le projet Mouvement bus de la Société de transport de Montréal (STM), dont les grandes lignes ont été dévoilées mardi par la mairesse Valérie Plante, compte six projets de voies réservées qui devraient, à terme, être utilisées par 70 % des passagers du service d’autobus de la STM.

Deux projets sont déjà en place ou en voie de l’être : celui du boulevard de la Côte-Vertu et de la rue Sauvé, qui est déjà aménagé, et le service rapide par bus (SRB) du boulevard Pie-IX, qui doit démarrer à l’automne 2022.

La STM prévoit donc la création de voies réservées le long de quatre autres axes routiers : le boulevard Henri-Bourassa, entre la gare Du Ruisseau et Montréal-Nord ; l’avenue du Parc ; le chemin de la Côte-des-Neiges ; le boulevard Saint-Michel.

Des études seront menées afin de déterminer la nature exacte des travaux à réaliser, car la Ville ignore encore quels aménagements seront nécessaires. On se rappellera que, dans le cas du SRB Pie-IX, dont la construction n’est toujours pas terminée 12 ans après l’annonce du projet, toutes les infrastructures souterraines ont été remplacées.

Sur le boulevard Henri-Bourassa, où 60 000 déplacements en autobus sont réalisés chaque jour, de tels travaux sur l’ensemble de l’artère ne sont pas envisagés ; des aménagements pour favoriser les déplacements à vélo et à pied et pour sécuriser les intersections sont par contre prévus. « Avec les études, on va voir comment on peut [adapter] le déploiement des voies réservées pour le faire le plus rapidement et à moindre coût », a expliqué Éric Alan Caldwell, responsable de la mobilité au comité exécutif de la Ville.

Il reste cependant à déterminer l’échéancier des travaux, tout comme le coût des projets.

Le transport collectif éprouvé par la pandémie

Avec son projet Mouvement bus, la STM souhaite inciter les Montréalais à opter de nouveau pour le transport collectif, dont la popularité a été mise à rude épreuve par la COVID-19. À l’heure actuelle, l’achalandage du métro n’atteint que 46 % de sa popularité prépandémique ; celui des autobus, 51 %. « La STM prévoit un retour de l’achalandage de 90 % en 2022 », souligne la mairesse Plante.

La STM compte aussi améliorer son service grâce aux 300 autobus hybrides — et climatisés — qu’elle avait commandés après l’arrivée au pouvoir de l’administration Plante. Certains sont déjà en service, mais les derniers seront livrés dans les prochains mois. « La COVID a ralenti le déploiement, mais je vous assure que tout sera en place d’ici un an », a soutenu Valérie Plante.

L’opposition à l’Hôtel de Ville a qualifié l’annonce de la STM et de la mairesse de « poudre aux yeux ».

« Alors que l’achalandage du réseau de bus est à moins de la moitié du niveau prépandémique, avec un déficit de 936 millions de dollars, l’administration Plante annonce l’ajout de voies réservées : c’est insensé. Commençons d’abord par ramener le service de navettes Or pour les personnes âgées, suspendu depuis le début de la pandémie », a indiqué par courriel le maire de Saint-Laurent et membre d’Ensemble Montréal, Alan DeSousa.

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