Montréal met fin au litige de la Formule E

La course organisée dans les rues du quartier Centre-Sud en 2017 par l’administration de Denis Coderre avait suscité beaucoup de mécontentement chez les commerçants et les résidents
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir La course organisée dans les rues du quartier Centre-Sud en 2017 par l’administration de Denis Coderre avait suscité beaucoup de mécontentement chez les commerçants et les résidents

Montréal tourne la page de la saga de la Formule électrique. La Ville s’est entendue avec l’entreprise Formula E Operations (FEO) qui, en échange du versement d’une somme de 3 millions de dollars, retire sa poursuite de 16,1 millions contre la mairesse Valérie Plante et son administration, a annoncé lundi matin le président du comité exécutif, Benoit Dorais.

Par voie de communiqué, M. Dorais a soutenu que cette entente à l’amiable représentait la meilleure solution possible au litige. « Ce règlement […] est fait aux bénéfices des Montréalaises et Montréalais, a-t-il soutenu. Il permet de finaliser cette saga, de réduire les coûts liés à la préparation d’une audience au tribunal et de mettre fin à toute réclamation de FEO. »

Rappelons que la course organisée dans les rues du quartier Centre-Sud en 2017 par l’administration de Denis Coderre avait suscité beaucoup de mécontentement chez les commerçants et les résidents du secteur.

Pendant des semaines, M. Coderre avait soutenu ne pas être en mesure de dire combien de billets avaient été réellement vendus pour l’événement. Ce dossier avait d’ailleurs plombé la campagne électorale de l’ancien maire, qui avait mordu la poussière aux élections municipales suivantes. Finalement, seuls 15 000 des 45 000 spectateurs qui ont assisté à la course ont réellement payé leur billet, a-t-on appris plus tard.

Une fois arrivée au pouvoir, Valérie Plante avait annoncé sa décision de ne pas reconduire l’événement, ce qui avait amené l’organisme sans but lucratif Montréal c’est électrique (MCE) à mettre fin à ses activités deux mois plus tard.

Rapport sévère

Dans un rapport rendu public au printemps 2018, le Bureau de l’inspecteur général (BIG) avait conclu que MCE avait été utilisé « pour contourner les règles d’octroi de contrats ». Il avait aussi souligné que le cabinet de l’ex-maire avait passé outre aux mises en garde du service des affaires juridiques de la Ville qui lui recommandait de lancer un appel d’offres afin de choisir un promoteur pour organiser l’événement, plutôt que de créer un OBNL.

En juin 2018, FEO et le syndic de faillite de MCE avaient déposé une poursuite de 33 millions contre la mairesse Plante et la Ville de Montréal, leur reprochant d’avoir agi de manière « impulsive », « arbitraire » et « injurieuse » en mettant fin au contrat ; la poursuite avait ensuite été réduite à 16,1 millions.  L’entente à l’amiable met donc un terme au litige.

Denis Coderre n’était pas disponible lundi pour commenter le dossier.

Si la Formule E n’a pas connu le succès espéré en 2017 à Montréal, elle sera de retour au Canada l’an prochain, mais cette fois, c’est la ville de Vancouver qui accueillera l’événement. Le calendrier provisoire prévoit une course le 2 juillet 2022, qui sera organisée par l’entreprise québécoise OSS Group.

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