Finances municipales: données manquantes pour la VG de Montréal

Ce rapport préélectoral avait été promis par la mairesse Plante, qui affirmait qu’à son arrivée au pouvoir en 2017, la situation financière de la Ville n’était pas aussi reluisante que le prétendait le maire sortant, Denis Coderre.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Ce rapport préélectoral avait été promis par la mairesse Plante, qui affirmait qu’à son arrivée au pouvoir en 2017, la situation financière de la Ville n’était pas aussi reluisante que le prétendait le maire sortant, Denis Coderre.

Si la vérificatrice générale de la Ville de Montréal n’a pu réaliser d’audit sur l’état des finances municipales, c’est qu’elle n’a pu obtenir les informations requises auprès des services de la Ville, malgré de multiples demandes.

Lors de l’assemblée virtuelle du conseil municipal mardi matin, la vérificatrice générale, Michèle Galipeau, a expliqué qu’elle avait reçu en 2018 un mandat pour réaliser un audit du rapport préélectoral qui aurait permis aux Montréalais et aux candidats engagés dans la campagne électorale de connaître avec précision la situation financière de la Ville.

Ce rapport préélectoral avait été promis par la mairesse Plante, qui affirmait qu’à son arrivée au pouvoir en 2017, la situation financière de la Ville n’était pas aussi reluisante que le prétendait le maire sortant, Denis Coderre.

Un tel travail d’audit représente un travail « colossal », a toutefois souligné Michèle Galipeau mardi. Pour réaliser un tel mandat, il lui aurait fallu pouvoir s’appuyer sur des données probantes. Mme Galipeau a engagé des experts pour l’épauler.

Sauf que les informations qui lui ont été remises étaient si incomplètes qu’elle a dû renoncer au mandat. « La présentation des revenus et des dépenses n’est pas assez détaillée, ne permettant pas de voir les changements significatifs sur les niveaux de services à la population. L’état de la dette à long terme n’est pas présenté. […] [Il n’y avait] aucune mise à jour économique entre les derniers budgets et la situation actuelle, aucune donnée réelle n’est présentée et utilisée dans l’élaboration des hypothèses, pas d’analyses et pas de comptes rendus des réunions du comité du budget », a résumé Mme Galipeau, ajoutant que le modèle de prototype de rapport préélectoral fourni par la Ville n’était pas adéquat et ne permettait pas d’établir de comparaisons avec les années précédentes et de dégager des tendances.

Constatant les lacunes, Mme Galipeau a dit avoir demandé à de nombreuses reprises au Service des finances d’obtenir les documents requis, mais en vain. « À un moment donné, je ne peux pas faire de miracles », a-t-elle dit. Le Bureau du Vérificateur général a même remis à la Ville le financement de 900 000 $ qu’il avait reçu pour réaliser ce mandat.

Le chef de l’opposition, Lionel Perez, a dénoncé ce qu’il considère comme un manque de collaboration de la part de l’administration de Valérie Plante. « Je suis honnêtement abasourdi, choqué, a-t-il lancé. C’est clair que les informations qui sont demandées sont des informations de base. On ne parle pas d’informations que le Service des finances n’a pas. »

De son côté, Mme Galipeau n’a pu expliquer pourquoi la Ville ne lui avait pas fourni les informations qu’elle réclamait. « Je ne veux pas me prononcer sur une volonté ou non. Les gens ont travaillé fort. Nous, on avait une très grande volonté de le faire [le mandat d’audit]. »

Le président du comité exécutif et responsable des financiers dans l’administration Plante, Benoit Dorais, a soutenu que l’administration présenterait un rapport des dépenses et des revenus. « La nuance, entre ce document et le document que nous aurions eu, […] c’est que la VG l’aurait audité avec des critères extrêmement spécifiques et précis. »

M. Dorais a affirmé que des « tonnes » de documents avaient été fournies à la vérificatrice générale mais que, compte tenu des processus budgétaires utilisés à la Ville, les données ne répondaient pas aux critères d’audit des comptables professionnels agréés.

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