Les débardeurs menacent de « fermer le port »

Cette annonce est une suite de l’escalade récente des tensions entre les syndiqués et l’Association des employeurs maritimes (AEM).
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Cette annonce est une suite de l’escalade récente des tensions entre les syndiqués et l’Association des employeurs maritimes (AEM).

Le Syndicat des débardeurs du port de Montréal a déposé vendredi matin un préavis de grève générale illimitée qui débutera lundi prochain. Le regroupement affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) explique que ce préavis est devenu nécessaire en raison des récentes modifications apportées aux conditions de travail des débardeurs par les compagnies maritimes.

Les débardeurs comptent « fermer le port de Montréal lundi » si « aucune entente de trêve » n’est conclue avec la partie patronale d’ici dimanche. « La balle est dans le camp des patrons », a lancé le conseiller du Syndicat des débardeurs du port de Montréal (SCFP), Michel Murray, lors d’une conférence de presse vendredi midi.

L’Association des employeurs maritimes (AEM) se dit « déçue » que « même après 65 séances de négociation depuis septembre 2018, nous soyons encore dans l’impasse ». Dans un communiqué publié vendredi matin, l’AEM affirme avoir déposé une contre-proposition de trêve, avec obligations de résultat, que le comité exécutif du syndicat a refusée.

Les pourparlers achoppent principalement sur la question des horaires de travail. Le syndicat soutient avoir déposé des offres pour revoir de façon fondamentale les horaires de travail. Le conseiller syndical au SCFP, Michel Murray, a expliqué que les débardeurs sont sollicités pour travailler 19 jours sur 21, avant d’avoir un congé de deux jours, à cause de la forte activité au port de Montréal.

En 2015, les débardeurs du Québec gagnaient en moyenne 110 000 $ avant les prestations, selon les chiffres du ministère du Travail de la province. Les avantages sociaux des débardeurs montréalais s’élèvent à 22 000 $ annuellement, y compris un régime de retraite à prestations déterminées payé par l’employeur.

La convention collective entre le syndicat et l’AEM est échue depuis le 31 décembre 2018.

La semaine dernière, cinq regroupements d’employeurs ont dit être préoccupés par les répercussions sur l’économie de l’escalade des tensions au port de Montréal. Le Conseil du patronat du Québec, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, la Fédération des chambres de commerce du Québec et Manufacturiers et Exportateurs du Québec ont appelé tous les gouvernements à intervenir rapidement pour limiter les dégâts pouvant découler de la prolongation de cette situation.

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