Montréal annule tous les événements sportifs et culturels jusqu’au 2 juillet

Les célébrations de la Fête nationale et de la Fête du Canada devront être plus modestes en 2020 à Montréal.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les célébrations de la Fête nationale et de la Fête du Canada devront être plus modestes en 2020 à Montréal.

Les célébrations de la Fête nationale et de la Fête du Canada seront plus modestes cette année dans la métropole. Montréal a annoncé mardi l’annulation jusqu’au 2 juillet de tous les festivals, événements sportifs et rassemblements publics qui devaient se tenir sur son territoire.

Plusieurs organisations culturelles et sportives avaient déjà annoncé le report ou l’annulation de leur programmation des prochains mois. C’est le cas du Festival Juste pour rire qui a été repoussé à l’automne. Les Francos de Montréal et le Festival international de Jazz de Montréal ont pour leur part été annulés. Le Tour de l’île de Vélo Québec, le Grand prix de Formule 1 et le festival Montréal complètement cirque ont subi le même sort.

La liste des victimes collatérales du coronavirus continue de s’allonger avec l’annonce de la suspension des rassemblements publics et des événements culturels et sportifs par la Ville de Montréal pour les deux prochains mois. « Ce n’est pas une décision facile, car Montréal vit au rythme de ses événements estivaux. Nous serons là pour accompagner nos partenaires », a commenté la mairesse, Valérie Plante, sur les réseaux sociaux.

La Ville, qui a promis d’apporter son soutien aux organisations dont les événements sont annulés, a indiqué qu’elle suivait les indications de la Direction régionale de la santé publique concernant la pandémie de COVID-19.

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La Fête nationale

Le Comité de la Fête nationale à Montréal, qui organise le défilé dans les rues de Montréal le 24 juin et le grand spectacle qui suit, devra faire preuve de créativité pour donner à ces célébrations un caractère festif. « La Fête nationale, c’est comme Noël, ça ne se reporte pas », fait remarquer Louise Harel, présidente du Comité de la Fête nationale à Montréal. « On va trouver des façons de célébrer à l’unisson dans le contexte des contraintes. Ça fait quelque temps qu’on réfléchit à ça. »

Pour l’instant toutefois, Mme Harel refuse de dévoiler les scénarios envisagés. Mais selon elle, la crise sanitaire ravive le sentiment d’appartenance des Québécois. « Les gens ont le sentiment de participer à un effort collectif. On va avoir l’occasion de remercier tous ceux et celles qui nous ont donné des services essentiels », dit-elle.

Je pense que ça va faire naître une forme de partenariat [entre les producteurs d’événements] pour le futur. Mais c’est clair que pour l’instant, c’est l’onde de choc.

De son côté, le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ), qui coordonne les fêtes de quartier et toutes les célébrations à l’extérieur de Montréal, a dit prendre acte de la décision de l’administration Plante. « Nous attendons les directives gouvernementales pour la suite des choses », a indiqué Martine Desjardins, directrice générale du MNQ.

Des deuils à faire

Plusieurs organisations culturelles voient toutefois leur programmation complètement chamboulée. Le festival TransAmériques (FTA) avait déjà annulé les spectacles mettant en vedette des artistes internationaux en raison des restrictions en matière de voyages. Il doit maintenant renoncer à toute l’édition 2020 de son événement et faire son deuil des spectacles qui étaient prévus en mai.

« J’ai un pincement au cœur, mais par rapport à la globalité de la crise dans le monde, ce n’est pas grand-chose. On ne peut pas risquer de provoquer une deuxième vague [de propagation] si les choses s’améliorent », fait valoir Martin Faucher, directeur artistique du FTA. « Je pense que c’est une bonne décision de la part de Valérie Plante. »

L’abandon de l’édition du festival aura un impact financier certain, mais Martin Faucher assure que l’organisation n’est pas menacée. « On est en train de voir dans quelle mesure on pourrait honorer une partie des contrats, des cachets. On a un sentiment de responsabilité face aux artistes et aux compagnies qui vont devoir continuer à fonctionner sans revenus », dit-il, sans savoir encore si le FTA pourra bénéficier d’une aide gouvernementale.

Piknic Électronik, qui présente des spectacles tous les dimanches de mai à septembre au parc Jean-Drapeau, a dû mettre en suspens une partie de sa programmation. « Ce n’est pas une surprise parce qu’on voit l’évolution de la crise sanitaire. Tant qu’on n’a pas réussi à contenir ça, ça ne sert à rien de penser qu’il va y avoir des rassemblements à court terme », explique Nicolas Cournoyer, cofondateur de Piknic Électronik.

Selon lui, l’impact de l’annulation de spectacles jusqu’en juillet est moindre pour son organisation que pour d’autres puisque le calendrier de Piknic Électronik s’étend sur cinq mois et mise beaucoup sur des artistes locaux. « À quatre semaines d’avis, on est en mesure de remettre l’équipe en place pour relancer la machine et produire des événements », dit-il.

Mais la pandémie risque de modifier l’écosystème événementiel, indique M. Cournoyer, qui est aussi le président d’Événements Attractions Québec. « Je pense que ça va faire naître une forme de partenariat [entre les producteurs d’événements] pour le futur. Mais c’est clair que pour l’instant, c’est l’onde de choc. »

Martin Faucher se demande aussi de quoi aura l’air « l’après COVID-19 » pour les compagnies culturelles. « Quelles conditions seront requises pour faire venir des compagnies internationales. Depuis une dizaine d’années, on voit les mesures de sécurité se resserrer. Est-ce qu’on va maintenant établir des mesures de sécurité sanitaires ? Quelles seront les conséquences pour les artistes qu’on va inviter ? Je suis persuadé que ce sera beaucoup plus lourd. L’obtention d’un visa pour certains artistes, c’était un peu la croix et la bannière. »