Coronavirus: des amendes pour les Montréalais récalcitrants

Le SPVM pourrait donner des amendes à des personnes rassemblées à l'extérieur et qui refusent de se disperser, par exemple.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le SPVM pourrait donner des amendes à des personnes rassemblées à l'extérieur et qui refusent de se disperser, par exemple.

Devant l’augmentation du nombre de cas de coronavirus à Montréal, la Ville a demandé aux policiers de faire appliquer les mesures de la santé publique en remettant des contraventions aux citoyens récalcitrants s’il le faut.

« Ce qu’on souhaite, c’est d’abord la collaboration des gens. Si la collaboration ne suit pas, il y aura la rédaction d’un rapport d’infraction », a prévenu le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, en conférence de presse dimanche.

Les autorités insistent : il est important de limiter les déplacements et d’éviter les rassemblements. Le SPVM aura donc la tâche d’accroître la surveillance dans la métropole, mais surtout dans les quartiers les plus touchés par le virus.

Les policiers seront notamment amenés à vérifier que les personnes ayant été déclarées positives à la COVID-19, ou celles faisant l’objet d’une investigation, respectent les règles d’isolement.

« Quand la santé publique vous appelle parce que vous êtes un cas, vous devez collaborer avec la sécurité publique pour l’enquête. Si on n’a pas de retour d’appel, on va vous aviser une fois, mais la deuxième fois, vous allez recevoir une visite du SPVM », a déclaré la directrice régionale de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, à titre d’exemple.

Sylvain Caron en a également profité pour encourager les citoyens àcontinuer de dénoncer les « situations anormales » dans leur quartier, sans pour autant que cela se transforme en climat de délation.

Pour la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ces nouvelles mesures ont pour but de « protéger la collectivité tout en minimisant les impacts sur les libertés individuelles ». « Pas question à ce moment-ci de boucler un arrondissement, un quartier, ou de fermer des ponts », a-t-elle déclaré, précisant que la grande majorité des Montréalais se conformait aux directives.

L’état d’urgence sanitaire, prévu initialement pour 72 heures, a par la même occasion été prolongé pour cinq jours, dimanche.

Bilan

Selon les derniers chiffres disponibles, Montréal comptait 1361 cas dimanche, soit 146 de plus que la veille. Six arrondissements montréalais rapportent plus de 50 cas chacun : Côte-Saint-Luc, Notre-Dame-de-Grâce, Rosemont–La Petite-Patrie, le Plateau-Mont-Royal, Ville-Marie et LaSalle. La propagation du virus s’accélère aussi dans les quartiers Ahuntsic, Montréal-Nord, Rivière-des-Prairies, Pointe-aux-Trembles et Villeray.

En tout, 83 patients sont hospitalisés, dont 13 en soins intensifs, et 6 personnes ont succombé au virus dans la métropole. Parmi les personnes contaminées, 17 habitent dans des centres de soins de longue durée. Trois cas ont été confirmés au sein de la population itinérante. Par ailleurs, 82 travailleurs de la santé ont contracté le nouveau coronavirus SARS-CoV-2, selon la Dre Drouin.

Six policiers ont également reçu des diagnostics positifs. Cinq d’entre eux auraient été contaminés par des proches, mais on ne connaît pas la source de contamination du sixième cas.

Avec La Presse canadienne