Bataille juridique pour un terrain de balle-molle

L’administration de Valérie Plante a décidé de condamner le terrain de balle-molle en raison du danger qu’il représente.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’administration de Valérie Plante a décidé de condamner le terrain de balle-molle en raison du danger qu’il représente.

La bataille visant la préservation du terrain de balle-molle du parc Jeanne-Mance, démantelé par la Ville de Montréal en mai 2018, se transportera en cour mardi. Des citoyens tenteront de convaincre le tribunal d’ordonner à la Ville de remettre le terrain en état.

Les citoyens, qui ont intenté le recours en justice, accusent la Ville d’avoir renié sa parole. En 2017, le terrain fréquenté par des amateurs de balle-molle avait été rendu non accessible à l’occasion de travaux sur les courts de tennis. L’administration de Denis Coderre avait toutefois promis que le lieu serait à nouveau accessible après le chantier.

Or, en mai 2018, l’administration de Valérie Plante a décidé de condamner le terrain de balle-molle en raison du danger qu’il représente. La Ville invoquait alors un rapport concernant la trajectoire des balles.

Une personne avait été blessée par une balle en 2016 et, en maintenant le terrain ouvert, la Ville s’exposait à des poursuites si d’autres incidents survenaient, avait-elle fait valoir.

Arguments des citoyens

Les citoyens estiment que ces craintes sont mal fondées. Ils reprochent aussi à la Ville de ne pas avoir obtenu l’autorisation du ministère de la Culture avant de démanteler l’aire de jeu alors que le parc est situé dans le périmètre du site patrimonial du Mont-Royal.

La Ville n’a pas non plus obtenu l’avis du Conseil du patrimoine et n’a pas mené de consultation auprès des citoyens à ce sujet, ajoutent-ils dans leur requête déposée en août 2018.

Après la destruction du terrain, les joueurs ont dû se rabattre sur celui situé dans la section sud du parc Jeanne-Mance. Des matchs ont aussi été relocalisés dans d’autres parcs de la ville, a indiqué lundi Marie-Claude Lacerte, porte-parole du groupe de citoyens, au Devoir.

« L’assistance a diminué, et le nombre de joueurs aussi. Cela a vraiment dispersé la communauté », déplore-t-elle.

Deux jours d’audience sont prévus, mais aucun témoin ne sera appelé à la barre, a précisé Mme Lacerte.