Montréal: l’opposition votera contre l’adoption du budget 2020

Le chef de l'opposition, Lionel Perez, et la mairesse Valérie Plante
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le chef de l'opposition, Lionel Perez, et la mairesse Valérie Plante

Les élus montréalais seront appelés à adopter le budget 2020 de la Ville mercredi, mais l’opposition n’entend pas donner son appui à l’administration de Valérie Plante. Le chef de l’opposition, Lionel Perez, continue de croire que l’équipe de la mairesse est trop dépensière et qu’elle mènera la Ville vers un gouffre financier. Elle a d’ailleurs demandé mardi un plan de redressement des finances de la Ville pour 2021.

Lionel Perez croit que la Ville de Montréal ne peut se permettre de déroger de sa propre politique de gestion de la dette jusqu’en 2026, comme le prévoient la mairesse et le président du comité exécutif, Benoit Dorais. L’opposition entend donc déposer, lors de l’assemblée du conseil municipal du 16 décembre prochain, une motion demandant le retour à un équilibre du ratio d’endettement de la Ville et le respect de la politique de gestion de la dette pour 2021.

Contrairement à ce qu’elle prétend, la mairesse est dépensière, martèle Lionel Perez : « Mais elle est dans le déni total. […] Et il n’y a aucun effort de l’administration pour réduire les dépenses ».

Rappelons que le 25 novembre dernier, l’administration Plante-Dorais a déposé un budget qui imposera des hausses de taxes moyennes de 2,1 % aux Montréalais l’an prochain. Avec une augmentation des dépenses de 8,1 %, le budget atteindra un sommet inégalé de 6,17 milliards $ en 2020.

Le taux d’endettement grimpera à 111 % l’an prochain et se maintiendra jusqu’en 2026, ce qui oblige l’administration à demander au conseil municipal une dérogation à la politique de gestion de la dette. Au dépôt du budget, Benoit Dorais avait toutefois affirmé que les agences de notation avaient été rassurées car le coût de la gestion de la dette ne représentera que 12,1 % de l’ensemble des dépenses de la Ville l’an prochain, soit un taux inférieur au seuil maximum permis de 16 %.

Mais Lionel Perez n’en démord pas : l’administration doit redresser les finances de la Ville dans un horizon de deux ans. Comment contrôler les dépenses ? En limitant la masse salariale notamment, répond le chef d’Ensemble Montréal. L’administration précédente avait réduit de 850 le nombre d’employés municipaux en quatre ans, mais l’arrivée de Projet Montréal a effacé ces gains, a-t-il tenu à rappeler.

Les villes liées en colère

La Commission des finances présidée par le conseiller Richard Deschamps a étudié le budget, service par service, au cours des deux dernières semaines. Au terme de ses travaux, elle a recommandé à la majorité mardi l’adoption du budget 2020 et du Programme triennal d’immobilisations (PTI) 2020-2022 de l’administration Plante-Dorais.

Elle demande toutefois que le Service des finances présente une reddition de comptes annuelle rigoureuse quant à la gestion de la dette de l’agglomération. Elle presse aussi la Ville aussi d’exercer un contrôle serré de la création de nouveaux postes.

La Ville devrait solliciter l’aide des gouvernements fédéral et provincial pour diversifier ses revenus et exiger de Québec une participation plus généreuse aux coûts en matière de logement social, de transport en commun, de sécurité publique et de développement économique.

À l’instar d’Ensemble Montréal, les élus des villes liées se sont opposés à l’adoption du budget et ont présenté un rapport minoritaire mardi. Le budget de l’administration Plante-Dorais est « globalement très acceptable », a expliqué Georges Bourelle, maire de Beaconsfield, au nom de l’Association des municipalités de banlieue.

L’opposition des maires de banlieue vient plutôt de leur exaspération quant au partage des coûts des services entre les villes liées et la Ville de Montréal. Ces maires se plaignent notamment que leurs villes paient 17,36 % des coûts des services alors que leur population ne représente que 12,12 % de l’agglomération. « Nous estimons que les résidents des villes liées paient une surtaxe d’environ 150 millions $ annuellement à l’agglomération », a indiqué M. Bourelle.

Comme Projet Montréal est majoritaire au conseil municipal, le budget et le PTI devraient être adoptés sans trop de difficulté mercredi.