Une année meurtrière pour les piétons montréalais

La mairesse a assuré que le prochain budget comporterait des sommes additionnelles pour améliorer la sécurité des plus vulnérables.
Photo: Catherine Legault Le Devoir La mairesse a assuré que le prochain budget comporterait des sommes additionnelles pour améliorer la sécurité des plus vulnérables.

Un piéton est décédé vendredi matin à Montréal, happé par une voiture dans Notre-Dame-de-Grâce. L’homme de 89 ans est le 19e piéton à perdre la vie dans la métropole depuis janvier dernier, ce qui fait de 2019 une année plus meurtrière que 2018 pour les plus vulnérables de la route.

L’octogénaire a été heurté à 5 h 50 pendant qu’il traversait le boulevard Décarie, à l’angle du boulevard de Maisonneuve Ouest. Selon les témoignages recueillis par les policiers, le feu était vert pour l’automobiliste qui roulait en direction nord sur Décarie. Le SPVM n’a pu déterminer si le piéton s’était engagé dans l’intersection lorsque son feu était rouge ou s’il n’avait pas eu le temps de traverser dans le délai accordé. « Il ne semble pas y avoir d’infraction de la part de l’automobiliste », a indiqué l’agent Raphaël Bergeron du SPVM.

Ce décès fait en sorte que l’année 2019 sera plus meurtrière que 2018, année où 18 morts de piétons avaient été recensées. Cette hausse n’étonne pas Jeanne Robin, porte-parole de Piétons Québec. « L’augmentation des décès de piétons est une tendance qu’on retrouve partout au Québec. Le bilan routier au Québec s’améliore, sauf pour les piétons, ce qui fait que les piétons représentent maintenant presque 20 % des décès de la route au Québec, alors que c’était 10 % il y a 15 ans. Il y a un vrai problème », souligne-t-elle tout en reconnaissant que les autorités prennent cet enjeu de plus en plus au sérieux.

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C’est le nombre de piétons qui sont morts après avoir été happés par un véhicule. C’est un de plus qu’en 2018.

« Chaque fois qu’il y a une collision mortelle, je suis sans mots. C’est inacceptable », a commenté la mairesse Valérie Plante en rappelant que deux facteurs importants étaient en cause : le nombre de véhicules sur les routes et la vitesse. Son administration, dit-elle, a posé plusieurs gestes pour améliorer le sort des piétons en misant sur l’aménagement de saillies de trottoir, l’augmentation de la durée des feux piétons et les limites de vitesse. « Même si la Ville a sa responsabilité dans les aménagements et tout le reste, il n’en demeure pas moins que les gens derrière leur volant doivent faire attention. »

La mairesse a assuré que le prochain budget comporterait des sommes additionnelles pour améliorer la sécurité des plus vulnérables, notamment en ce qui a trait aux traverses piétonnes.

Jeanne Robin croit qu’il faudrait aussi travailler à réduire la taille des véhicules car si les véhicules plus gros protègent mieux les automobilistes, ils causent davantage de dommages chez les piétons. Mais les mesures comme l’aménagement d’intersections plus sécuritaires, le retrait de voies de circulation et l’allongement des temps de traversée demeurent primordiales. « C’est sûr qu’on ne verra pas les effets dans six mois, mais peut-être dans deux ou trois ans », dit-elle.

Le chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville, Lionel Perez, estime que l’administration Plante n’est pas en position de se vanter quant aux actions réalisées. La promesse électorale de Projet Montréal de sécuriser les 24 intersections accidentogènes tarde toujours à se réaliser, a-t-il signalé. Même le plan d’action Vision zéro ne comporte pas d’engagement quant à l’allongement du temps de traversée aux feux de circulation, a-t-il indiqué.