La vérificatrice générale préoccupée par la sécurité des bâtiments

La Ville de Montréal possède plus de 1500 bâtiments dont la sécurité préoccupe la vérificatrice générale.
Photo: Denis Tangney Jr Getty Images La Ville de Montréal possède plus de 1500 bâtiments dont la sécurité préoccupe la vérificatrice générale.

La sécurité des bâtiments appartenant à la Ville de Montréal préoccupe la vérificatrice générale (VG). Dans son rapport annuel déposé lundi, Michèle Galipeau soulève d’importantes lacunes qui devront être corrigées.

La Ville possède plus de 1500 bâtiments. En 2014, elle avait adopté une politique de sécurité et avait mis sur pied une équipe de travail afin d’établir des normes de sécurité.

Deux ans plus tard, l’équipe a été démantelée et la politique n’a jamais été mise en application, a constaté Mme Galipeau.

La VG s’attarde notamment à la gestion des clés à haute sécurité, qui permettent un accès à des endroits stratégiques.

Or, en l’absence d’encadrement dans la gestion de ces clés, celles-ci ont été distribuées au fil du temps et aucun suivi n’a été assuré.

« Il s’avère qu’à ce jour, des clés contrôlées (dont des clés maîtresses) sont en circulation sans que leurs détenteurs soient connus », note Michèle Galipeau, avant d’ajouter que l’ensemble des intervenants rencontrés au Service de la gestion et de la planification immobilière (SGPI) s’entendent pour dire que « la situation est plutôt alarmante puisqu’elle compromet sérieusement la sécurité des bâtiments de la Ville ».

Dans certains cas, ces clés sont utilisées pour ouvrir des portes de bureaux ou de simples placards. De plus, le seul serrurier de la Ville (maître des clés) a pris sa retraite en juin 2018 et ses tâches ont été confiées à un employé qui ne possède pas la même expertise. Des mesures de redressement s’imposent, estime la VG.

Sous-financement

Quant au gardiennage des bâtiments, la VG souligne que dans bien des cas, les contrats sont accordés à des firmes externes qui ont besoin d’une période de rodage importante pour bien comprendre les enjeux particuliers de chaque bâtiment. Elle recommande que les appels d’offres soient plus clairs quant aux directives et aux procédures établies à l’interne.

De plus, ces bâtiments souffrent de sous-financement depuis des années. Le budget a été haussé au cours des dernières années, passant de 1,26 % de la valeur du parc immobilier en 2018 à 1,31 % en 2019, mais c’est encore insuffisant puisque, selon les pratiques de l’industrie, il devrait atteindre 2 %, souligne Mme Galipeau.

Logements sociaux

La Ville n’a pas été en mesure de dire à la vérificatrice combien de logements sociaux et abordables avaient pu réellement être mis en chantier et occupés depuis le lancement de la Stratégie d’inclusion, en 2005. Les applications informatiques de la Direction de l’habitation ne permettaient pas de faire de tels bilans, a observé Michèle Galipeau.

« Selon nous, il s’agit d’une information de gestion essentielle et primordiale pour disposer d’un portrait global, pour suivre l’atteinte des objectifs fixés et rendre des comptes. »

D’autant que l’administration Plante a promis 12 000 logements sociaux et abordables d’ici 2021, un défi qui nécessitera un meilleur encadrement, signale Mme Galipeau. Au cours des six dernières années, la Ville de Montréal a aussi récolté près de 19 millions auprès des promoteurs immobiliers pour garnir son fonds destiné aux logements sociaux et communautaires, mais à ce jour, seulement 3,2 millions ont été utilisés.

L’administration Plante commentera le rapport mardi.


Il s’avère qu’à ce jour, des clés contrôlées (dont des clés maîtresses) sont en circulation sans que leurs détenteurs soient connus