La mairesse de Côte-des-Neiges accuse un homme de la harceler

«Je dois être professionnelle, écouter les citoyens, gérer le plus gros arrondissement, mais je dois toujours regarder derrière mon épaule. C’est très dérangeant», a expliqué Sue Montgomery.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Je dois être professionnelle, écouter les citoyens, gérer le plus gros arrondissement, mais je dois toujours regarder derrière mon épaule. C’est très dérangeant», a expliqué Sue Montgomery.

« Ça fait près de 20 ans que ça dure. Il faut que ça cesse », a dit Sue Montgomery mardi à la cour alors qu’elle témoignait au procès de Robert Michael Edgar, accusé de harcèlement criminel à son endroit. La mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce a expliqué que le comportement de l’ancien photographe lui était devenu insupportable.

« Je dois être professionnelle, écouter les citoyens, gérer le plus gros arrondissement, mais je dois toujours regarder derrière mon épaule. C’est très dérangeant », a expliqué l’élue lors de la première des deux journées du procès.

Sue Montgomery a relaté avoir rejoint l’Église unitarienne à la fin des années 1990 alors qu’elle était journaliste à The Gazette. M. Edgar, qui avait été expulsé de cette église, lui a demandé d’écrire un article à ce sujet. « J’ai fait des vérifications, mais il n’y avait pas d’histoire là », a-t-elle expliqué.

Mise en demeure

Mais M. Edgar n’en est pas resté là. Lorsqu’elle est devenue journaliste aux affaires judiciaires au début des années 2000, l’homme est revenu à la charge, l’abordant notamment alors qu’il était posté devant l’église avec des pancartes pour dénoncer son exclusion. Il s’est même rendu au palais de justice, où il se mêlait aux journalistes, se faisant passer pour l’un d’eux, a affirmé Mme Montgomery.

Robert Michael Edgar a filmé Sue Montgomery à plusieurs occasions, comme lors de ses activités publiques. Il l’accusait de tenter de camoufler les malversations de l’Église unitarienne. Sue Montgomery dit avoir avisé la police, mais elle se serait fait répondre que M. Edgar n’était pas violent.

En 2014, The Gazette a fait parvenir une mise en demeure à M. Edgar pour qu’il cesse ses allégations à l’endroit de Sue Montgomery.

Aucune poursuite n’a été engagée parce que, à cette époque, M. Edgar était sans emploi et était hébergé à la Old Brewery Mission, a indiqué l’élue.

Plainte à la police

Après avoir quitté The Gazette, Mme Montgomery s’est portée candidate pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) aux élections fédérales de 2015. En 2017, elle a brigué le poste de mairesse de CDN-NDG. L’élue a raconté à la cour que lors d’un débat avec les autres candidats, M. Edgar s’est assis à la première rangée et a filmé l’événement. Il a aussi questionné les trois candidats. Sue Montgomery lui a alors demandé d’arrêter de la harceler.

Mme Montgomery soutient qu’après son élection à la mairie de CDN-NDG, l’homme a continué de l’importuner en se présentant aux séances du conseild’arrondissement et au conseil municipal. Il remettait en question son intégrité.

Arrêté

Sue Montgomery a finalement porté plainte à la police en décembre 2017.

Peu après, l’homme a été arrêté par la police à l’hôtel de ville pendant la tenue d’une assemblée du conseil municipal.

Puis, en mars, il a été reconnu coupable d’avoir enfreint ses conditions qui lui interdisaient de communiquer avec Mme Montgomery.

En contre-interrogatoire, l’avocat de la défense a fait reconnaître à l’élue que malgré les nombreux textes et vidéos publiés par M. Edgar à son sujet sur les réseaux sociaux, notamment sur son profil Facebook, sa chaîne YouTube et son compte Twitter, l’homme ne l’avait jamais menacée directement. « Il ne m’a pas menacée physiquement, mais c’est de la violence psychologique », a-t-elle répliqué.

Le procès devant la juge Flavia Longose poursuit mercredi. L’avocat de M. Edgar a laissé entendre que son client pourrait ne pas témoigner pour sa défense.