Les maires de la banlieue montréalaise veulent revoir les règles de gouvernance

Les élus des banlieues préviennent la mairesse Plante qu’ils ne pourront souscrire à un budget 2019 qui imposerait des hausses de taxes supérieures au taux d’inflation.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les élus des banlieues préviennent la mairesse Plante qu’ils ne pourront souscrire à un budget 2019 qui imposerait des hausses de taxes supérieures au taux d’inflation.

Minoritaires au conseil d’agglomération, les maires des quinze villes de l’île de Montréal souhaitent que les règles de gouvernance soient revues. D’ici là, ils disent s’attendre à ce que l’administration de Valérie Plante respecte son engagement de limiter les hausses de taxes à l’inflation pour le budget 2019.

Les maires des villes liées étaient toutefois optimistes lorsqu’ils se sont présentés devant les journalistes jeudi après-midi. Selon eux, les relations avec la Ville de Montréal n’ont jamais été aussi bonnes. « On n’a jamais eu ce niveau d’ouverture avec les administrations précédentes », a fait valoir le président de l’Association des municipalités de banlieue et maire de Montréal-Ouest, Beny Masella.

La colère que les maires des villes liées avaient exprimée lors du dépôt du budget de l’administration Plante-Dorais en janvier dernier s’est dissipée, car ils ont pu s’entendre avec Montréal pour participer à la confection des budgets d’agglomération futurs. « Le budget de 2018 nous avait été présenté en même temps qu’aux médias. On n’a eu aucune chance de changer une virgule ou un mot. C’était un fait accompli », a rappelé le maire Masella. « À partir de 2020, nous serons impliqués dans les orientations qui seront données à l’administration pour bâtir le budget. C’est nouveau. »

Quatre comités ont d’ailleurs été créés. L’un travaillera à la préparation des budgets d’agglomération. Les autres réfléchiront à l’établissement des quotes-parts, des dépenses mixtes et du partage des compétences.

Budget « responsable »

Rappelons que le budget 2018 de l’administration de Valérie Plante, qui comportait des hausses de taxes de 3,3 % aux Montréalais, avait fait grimper de 5,3 % en moyenne les quotes-parts que doivent verser les villes liées à la Ville de Montréal pour les services communs, comme la police, les pompiers et le transport collectif.

Furieux, les élus des banlieues avaient réclamé en vain de l’administration qu’elle refasse son budget.

Ils préviennent maintenant la mairesse Plante qu’ils ne pourront souscrire à un budget 2019 qui imposerait des hausses de taxes supérieures au taux d’inflation. Le budget devra être « responsable » et « équilibré », ont-ils dit.

Sauf que leur poids politique est si limité — soit 13 % des voix au conseil d’agglomération — que leurs protestations ne peuvent rien contre les décisions prises par la Ville de Montréal.

Ils n’écartent cependant pas l’idée de demander l’adoption de nouvelles règles de gouvernance, comme la double majorité pour affermir leur pouvoir au sein de l’agglomération. « On va essayer de trouver des solutions qui vont être gagnant-gagnant, a commenté le maire de Beaconsfield, Georges Bourelle. On ne veut pas un statu quo. »

 

Les fusions-défusions

En mêlée de presse, la mairesse Valérie Plante a soutenu que son administration travaillait sur un budget qui correspondrait aux attentes de ses homologues des banlieues. Au cours des derniers mois, elle a d’ailleurs répété que les hausses de taxes seraient limitées à l’inflation pour 2019. « Ils ne seront pas déçus », a-t-elle dit.

Mais elle n’envisage pas de revoir la composition du conseil d’agglomération ni le partage du poids décisionnel. Rappelons que même si Montréal a le même nombre de sièges que les villes liées au conseil d’agglomération, elle détient 87 % des votes compte tenu de son poids démographique au sein de l’île de Montréal.

« C’est un modèle qui a été accepté par les villes liées précédemment. Les fusions-défusions, ç’a été assez douloureux. Donc, on regarde vers l’avant », a indiqué Mme Plante. « Je suis toujours prête à entendre les différentes propositions, mais pour ce qui est de la gouvernance, je tiens quand même à rappeler que c’est un processus qui a été fait en bonne et due forme. On ne rentrera pas dans un débat de structures. »