Coderre garde le cap et tente de calmer le jeu

L’idée de changer le nom du parc de Vimy pour celui de Jacques-Parizeau a été suggérée par la Société d’histoire d’Outremont, a précisé Denis Coderre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’idée de changer le nom du parc de Vimy pour celui de Jacques-Parizeau a été suggérée par la Société d’histoire d’Outremont, a précisé Denis Coderre.

Malgré la polémique qui ne semble pas vouloir d’apaiser, le maire Denis Coderre maintient le cap concernant le changement de nom du parc de Vimy, qui sera rebaptisé parc Jacques-Parizeau.

Plusieurs voix se sont élevées cette semaine pour dénoncer la décision de la Ville de Montréal de donner à un parc d’Outremont le nom de l’ancien premier ministre péquiste. Après l’ex-premier ministre ontarien Bob Rae, qui a qualifié cette décision d’« insulte pure et simple », le président de la Fondation de Vimy, Christopher Sweeney, a décrit ce geste comme de l’« amnésie culturelle et historique » en soutenant que Vimy ne rappelait pas seulement une bataille de la Première Guerre mondiale, mais également l’entrée du Canada sur la scène mondiale.

Blaney s’en mêle

Tout en reconnaissant la contribution de M. Parizeau à la politique québécoise et canadienne, le député conservateur Steven Blaney a pour sa part soutenu qu’il eut mieux valu trouver un autre lieu pour rendre hommage à l’homme politique, plutôt que d’effacer le nom de Vimy.

« J’ai le plus grand respect pour M. Parizeau, a-t-il affirmé en entrevue à TVA. C’est un homme remarquable qui mérite qu’il ait sa place dans les grands lieux publics, […] mais ça ne doit pas se faire au détriment de Canadiens français qui ont donné leur vie pour notre pays, notamment lors de la bataille de Vimy. »

Selon lui, la construction de nouvelles stations de métro à Montréal pourrait permettre d’honorer la mémoire de l’ex-premier ministre.

Un homme d’exception

Denis Coderre a tenté de calmer les esprits. « On va faire attention là. Vous parlez à un ancien critique de la Défense nationale. Je suis allé à Vimy moi aussi. Remettons les choses en perspective », a-t-il dit aux journalistes jeudi.

Il a rappelé que l’avenue de Vimy, adjacente à ce petit parc d’Outremont, garderait son nom, et que d’autres rues sur le territoire montréalais portaient ce nom, notamment dans l’arrondissement de Saint-Laurent.

L’idée de changer le nom du parc pour celui de Jacques-Parizeau a été suggérée par la Société d’histoire d’Outremont et a été entérinée à l’unanimité par les élues de l’arrondissement d’Outremont en octobre dernier, a-t-il expliqué.

« Ce n’est pas une question de débaptiser [un lieu], c’est une question de rendre hommage à un citoyen d’Outremont qui était un homme d’exception. M. Parizeau a vécu 30 ans près de là. Mais je comprends que ce soit “sensible” », a admis M. Coderre.

« On ne s’embarquera pas sur la question de fédéraliste/souverainiste. On s’entend que lui et moi, on ne s’entendait pas sur au moins un point, mais il faudrait peut-être reconnaître l’importance de l’homme », a dit le maire.

Une rue aussi ?

M. Coderre a indiqué que la Ville avait l’intention de commémorer le centenaire de la bataille de la crête de Vimy, qui s’est déroulée du 9 au 12 avril 1917 et qui a coûté la vie à 3600 soldats canadiens.

Le maire n’écarte pas l’idée de donner le nom de M. Parizeau à une rue, mais pour l’instant, a-t-il dit, la priorité de la Ville est d’augmenter la présence des femmes dans la toponymie montréalaise.

2 commentaires
  • Gilles Delisle - Abonné 18 juin 2016 06 h 58

    Branle-bas de combat chez les "English"

    Le prétexte est noble, celui de préserver le nom de "Vimy", dans notre toponymie, mais ne soyons pas dupes, cà demeure un prétexte et le nom de Parizeau, les fait sourciller encore., et ce, malgré la grandeur de l'homme.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 19 juin 2016 22 h 05

      En effet, Rae et Blaney ansi que leur "rapporteurs officiels" devraient confiner leurs commentaires à leurs tribunes médiatiques orangistes et provincialistes.

      Nous sommes à même de régler nos dossiers.

      Après "le speak white" des années 70...qui perdure encore de nos jours..il ne manquerait plus qu'ils viennent nous faire la leçon sur le comment gérer notre toponymie des rues, places etc.