Des citoyens montréalais exigent un virage vert

Plus de 3500 personnes ont participé à cette consultation populaire qui s’est échelonnée sur près de cinq mois et qui visait à trouver des «initiatives concrètes, ambitieuses et réalisables» que la Ville de Montréal pourrait mettre en oeuvre afin de réduire notre dépendance aux énergies fossiles.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Plus de 3500 personnes ont participé à cette consultation populaire qui s’est échelonnée sur près de cinq mois et qui visait à trouver des «initiatives concrètes, ambitieuses et réalisables» que la Ville de Montréal pourrait mettre en oeuvre afin de réduire notre dépendance aux énergies fossiles.

Les automobilistes montréalais pourraient trouver la vie dure si l’administration Coderre met en pratique une série de recommandations formulées mercredi par l’Office de consultation publique de Montréal, portant sur la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.

Dans un rapport de consultation accompagné de 15 recommandations, l’Office encourage la Ville de Montréal à « réduire l’attractivité de l’automobile », particulièrement au coeur de la métropole. Pour ce faire, elle devrait définir des « cibles de réduction » du nombre de places de stationnement au centre-ville, et interdire la construction de stationnements étagés, proposent les auteurs.

L’administration devrait réserver des voies au covoiturage, interdire la circulation des camions de livraison durant les heures de pointe et presser le gouvernement du Québec de débloquer des fonds « afin d’améliorer en priorité l’offre de service d’autobus et de métro », écrivent-ils.

Il ne s'agit pas de bannir les énergies fossiles à court terme, mais de procéder méthodiquement à leur réduction

 

En plus de prendre des mesures pour freiner l’étalement urbain, comme encourager le développement des terrains vagues situés dans les secteurs à forte densité, Montréal devrait accélérer le développement des pistes cyclables et le verdissement des artères routières.

Participation populaire

D’autres recommandations concernent davantage la Ville en tant qu’employeur et organisme. On propose par exemple d’éliminer progressivement le stationnement gratuit des employés municipaux, de transformer le parc automobile pour prioriser les véhicules électriques, et d’avoir des « exigences élevées d’efficacité énergétique et de qualité du bâti ».

Plus de 3500 personnes ont participé à cette consultation populaire qui s’est échelonnée sur près de cinq mois et qui visait à trouver des « initiatives concrètes, ambitieuses et réalisables » que la Ville de Montréal pourrait mettre en oeuvre afin de réduire notre dépendance aux énergies fossiles. « La gestion de la transition énergétique nécessite une approche par étapes, rigoureuse et soutenue. Il ne s’agit pas de bannir les énergies fossiles à court terme, mais de procéder méthodiquement à leur réduction », conclut le rapport.

Stationnement intouchable

Responsable du développement durable et de l’environnement au sein du comité exécutif de la Ville, Réal Ménard a accueilli « plutôt » favorablement le rapport. Il se garde toutefois de s’engager à mettre en vigueur « l’ensemble » des recommandations de l’Office, notamment celles qui concernent le stationnement. « On va faire analyser le rapport par les services concernés », a-t-il assuré.

Le porte-parole de Projet Montréal en matière d’environnement, Sylvain Ouellet, juge pour sa part que Montréal en fait actuellement trop peu pour atteindre ses objectifs environnementaux. « Toutes » les dernières décisions de Denis Coderre « vont à l’encontre d’une réduction de la dépendance à l’automobile et aux énergies fossiles », soutient-il. « Alors que l’Office recommande à la Ville de réduire l’attractivité de l’auto, le maire Coderre refuse mordicus d’éliminer des espaces de stationnement, allant même jusqu’à sacrifier un trottoir sur la rue de Brébeuf pour construire une piste cyclable en site propre », a-t-il ajouté.

1 commentaire
  • Loyola Leroux - Abonné 16 juin 2016 13 h 21

    Virage vert et étalement urbain

    Si les citoyens de Montréal sont sérieux pour virer au vert, ils devraient réclamer la diminution de l’étalement urbain, grace a des ponts a péage pour que la banlieue déménage en ville et la permission de construire sur 9 étages, comme a Paris, pour densifier la population, accroitre les petits commerces de proximité et interdire sur l’ile les grandes surfaces.

    Je ne crois pas que les dirigeants de la ville sont prets a aller aussi loin. Ils comprennent mieux que n’importe quel simple citoyen, ce que John-James Charest nommait ‘’Les Vrais affaires.’’