Prolongement du métro - Longueuil veut éviter de se faire doubler par Laval

Si les villes de la région métropolitaine conviennent que le prolongement du métro constitue une priorité pour la prochaine décennie, la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, n'entend pas se laisser damer le pion par son homologue de Laval, Gilles Vaillancourt. Dans son esprit, Longueuil doit bénéficier du prolongement de la ligne jaune avant Laval, qui a eu droit à trois stations de métro sur son territoire au cours des dernières années.

«C'est sûr qu'il va y avoir un jeu de coudes qui va se faire pour savoir lequel des trois prolongements sera la priorité», a indiqué hier Mme St-Hilaire, en marge d'une allocution qu'elle prononçait devant des gens d'affaires de la Rive-Sud.

Du même souffle, la mairesse admet que le projet de prolongement de la ligne bleue, à Montréal, détient une longueur d'avance sur les autres projets, mais selon elle, celui de la ligne jaune, à Longueuil, a progressé aussi. «Au cours des prochains mois, il faudra se faire entendre pour éviter que Laval nous dame le pion», a-t-elle dit.

Les membres du comité exécutif de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) doivent se rencontrer ce matin et devraient adopter une résolution destinée à signifier au gouvernement de Jean Charest toute l'importance que les villes accordent à l'expansion du réseau souterrain, rapportait La Presse hier.

Devant les quelque 350 membres de la Chambre de commerce de la Rive-Sud hier midi, Mme St-Hilaire a insisté sur la nécessité pour les gens d'affaires et les élus de mettre fin aux querelles qui ont divisé la Rive-Sud dans le passé — notamment à l'occasion des fusions et des défusions — pour parler d'une voix forte. Faisant allusion au maire Vaillancourt qui retient depuis 2008 la quote-part de Laval au déficit d'opération du métro, Mme St-Hilaire a eu cette remarque: «Moi, quand je vais les avoir, mes trois stations de métro, je n'aurai pas de misère à envoyer mon chèque à la STM.»

Pour sa part, Montréal clame depuis des années que la ligne bleue vers Anjou doit figurer au premier rang des projets d'expansion du réseau du métro.

Mais Gilles Vaillancourt, qui souhaite le prolongement de la ligne orange vers Laval à partir de la station Côte-Vertu, ne voit pas la situation du même oeil. Il ne s'agit pas d'une décision politique, a-t-il affirmé au Devoir. Selon lui, il faudra plutôt prioriser le segment qui, sur le plan technique, donnera le «meilleur rendement possible» et baser la décision sur les recommandations que formulera à cet effet l'Agence métropolitaine de transport. «Si on fait une liste d'épicerie politique avec ça, on va manquer notre coup», dit-il.

Il prend toutefois soin de préciser que le segment de la ligne orange entre les stations Jean-Talon et Berri-UQAM est déjà surchargé et qu'à force d'ajouter des passagers sur cette ligne, «on va finir par l'étouffer». Or, le prolongement de la ligne bleue amènera davantage de passagers sur la ligne orange. «Les décisions techniques pourront difficilement éviter la ligne de l'ouest compte tenu du fait qu'elle a encore une capacité résiduelle», ajoute-t-il.
2 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 20 janvier 2011 10 h 49

    La ligne orange saturée ?

    Oui, la ligne orange est pratiquement saturée entre Jean-Talon et Berri-UQAM. Où est donc la priorité ? Prolonger la ligne jaune à Longueuil ? Boucler la ligne orange à Laval ? Ça ne changera rien au problème. Prolonger la ligne bleue ? Cette fois, ça ne fera qu'empirer la situation.

    Au cours des dernières années, le métro s'est étalé. Assure-t-il pour autant plus de déplacements quotidiens ? Il semble que non. Cet étalement le rend plus coûteux sans augmenter son efficacité. Pire, pour les Montréalais vivant en périphérie immédiate du centre-ville (en particulier ceux du Plateau, de Rosemont-Petite-Patrie, Villeray...), l'efficacité du métro s'est détériorée sur la ligne orange alors que les prix on grimpé en flèche.

    La banlieue s'est approprié le métro (le service, pas les coûts) : soit ! La priorité, c'est maintenant de redonner au centre-ville des moyens de transport modernes, capables de renverser la tendance en matière de déplacements urbains, c'est-à-dire l'effritement de la part modale des transports en commun. La priorité, c'est de relancer un réseau de transport urbain à l'échelle de la ville centre, afin que l'amélioration de l'offre en banlieue ne se fasse pas au détriment du centre, ce qui est le cas avec le métro.

    Il est probable qu'un tel réseau urbain soit articulé autour d'un tramway en surface plutôt qu'un moyen de transport en souterrain. On passerait d'une capacité élevée à une capacité moyenne, mais c'est justement ce dont on a besoin à une telle échelle.

    Orange, jaune ou bleue ? Non ! Des lignes de tramway urbaines. Voilà la priorité pour Montréal !

  • Robert Aird - Abonné 21 janvier 2011 09 h 45

    Avantager l'Est

    Il faut tenir compte du prolongement vers l'Est qui compte tout de même un bon bassin démographique tout en faisant partie de l'île de Montréal. J'habite Pointe-Aux-Trembles et il me faut compter au moins 15km jusqu'à la station Honoré-Beaugrand. Il faut considérer que l'Est de Montréal (St-Léonard, Anjou, Rivières-des-Prairies, Montréal l'Est et P.-A.-T.) contient également de nombreuses industries et que l'usage de la voiture s'impose souvent aux travailleurs qui autrement doivent faire énormément d'autobus et de marche pour se rendre à leur travail.