Le projet du Quadrilatère Saint-Laurent est mis de côté pour plusieurs années

La Société de développement Angus a proposé à la Ville de Montréal de segmenter son projet nommé Quadrilatère Saint-Laurent, mais la réglementation ne le permettait pas. <br />
Photo: source Société de développement Angus La Société de développement Angus a proposé à la Ville de Montréal de segmenter son projet nommé Quadrilatère Saint-Laurent, mais la réglementation ne le permettait pas.

Ce qui était temporaire devient permanent. Le projet de revitalisation du boulevard Saint-Laurent, avec Hydro-Québec comme principal locataire, est mis en veilleuse pour plusieurs années.

Les tentatives du promoteur, la Société de développement Angus (SDA), pour contourner les obstacles auxquels il a été confronté ont toutes échoué. Après les problèmes financiers puis l'écheveau juridique autour de l'expropriation du bar de danseuses nues Le Cléopâtre, voilà que la SDA se bute à l'impossibilité administrative d'entreprendre son projet par étapes.

«On est totalement paralysés. Le processus avec le Cléopâtre est beaucoup plus long que prévu. On essaie d'être pragmatiques, mais ce n'est pas accepté», a affirmé le p.-d.g. de la SDA, Christian Yaccarini, en entrevue au Devoir.

Segments

La SDA a proposé à la Ville de Montréal de segmenter son projet nommé Quadrilatère Saint-Laurent. Une première phase aurait permis de construire et de rénover les bâtiments existants entre le Monument-National et le Cléopâtre. Et une fois le litige réglé avec le Cléopâtre — environ cinq ans, croit M. Yaccarini —, la SDA aurait entamé les travaux pour l'autre portion du boulevard Saint-Laurent, jusqu'à l'angle de Sainte-Catherine.

«On s'est fait dire non parce que le règlement actuel ne le permet pas», a expliqué M. Yaccarini. Recommencer de zéro signifierait préparer un autre projet avec les investissements que cela représente (plans d'architectes, par exemple) ainsi que traverser une nouvelle série de consultations publiques. «Tout ça sans garantie qu'on va pouvoir avancer», a-t-il laissé tomber. «On gouverne en fonction des règlements plutôt que d'avoir des règlements au service du développement. [...] Quand tu es sur le terrain à essayer de développer cette ville, tu te heurtes au chaos», a-t-il ajouté.

Ce dernier reconnaît que la SDA a commis quelques erreurs dans le dossier, dont sa tentative de concilier tous les intérêts et surtout de proposer un projet architectural intégrant les façades décrépites des commerces voisins du Monument-National. Avec un certain recul, M. Yaccarini croit qu'il aurait été plus simple de préparer un projet contemporain qui aurait contrasté avec le Monument-National.

Mais la SDA a l'obligation de maintenir les façades en place lors des futurs travaux, y compris l'excavation pour permettre un stationnement en sous-sol. M. Yaccarini affirme avoir deux rapports d'experts concluant au danger d'effondrement. Et si les façades dégringolent tout de même, la SDA sera montrée du doigt, croit M. Yaccarini. «On est perdants sur toute la ligne.»

La croix et la bannière


L'hiver dernier, la SDA avait décidé de réduire des deux tiers le Quadrilatère Saint-Laurent. Devant la situation financière de la SDA et la résistance du propriétaire du Cléopâtre à l'idée de vendre ou de déménager et même, d'être exproprié, l'entente avec Hydro-Québec est tombée. La société d'État est demeurée désireuse de devenir locataire, mais pour 100 000 pieds carrés plutôt que 300 000. La SDA croyait alors pouvoir commencer le projet d'ici un an. Dans le meilleur des cas, le chantier ne pourra pas s'enclencher avant quatre ou cinq ans, estime maintenant le promoteur.

«Chaque projet porte sa croix et sa bannière pour des raisons de balkanisation de la ville [fusions et défusions], de game politique, de problèmes de juridictions entre arrondissements. Il n'y a pas de balises objectives», a souligné Christian Yaccarini.

Ce dernier se défend d'être amer. «La preuve, c'est qu'on continue», a-t-il répété. Mais les autres projets de la SDA connaissent leur lot de difficultés. La construction du 2-22, au coin sud-est de Saint-Laurent et de Sainte-Catherine, vient tout juste de redémarrer après avoir été stoppée par les tracas de financement fédéral. Quant à l'édifice culturel devant s'élever au-dessus de l'édicule du métro Saint-Laurent, il a été carrément abandonné.
3 commentaires
  • camelot - Inscrit 18 octobre 2010 11 h 07

    Bonne nouvelle

    Je ne vois pas pourquoi Hydro-Québec serait locataire, alors qu'il y a quelques années cette institution devait, au même endroit, déménager ses pénates. C'est une bonne nouvelle. Hydro doit être propriétaire, il nous appartient.

  • mhglrnu@gmail.com - Inscrit 18 octobre 2010 13 h 28

    OH les moteurs

    pour mon ami, hydro Québec n'est pas propriétaire de lédifce quel occupe,et na pas ajouer le role de développeur.

  • Pierre-E. Paradis - Inscrit 18 octobre 2010 13 h 32

    Bonne nouvelle mais...

    D'accord avec le fait que c'était un mauvais projet au départ, peu respectueux de l'environnement bâti, et qui aurait fait d'Hydro Québec un locataire.

    Cela dit, l'ilot concerné va rester à l'abandon pour plusieurs années, et compromettre la relance du Quartier des spectacles.

    Avec le chantier inabouti de l'ilot Voyageur et le CHUM qui ne démarre pas, voilà donc une autre belle tache au centre-ville, gracieuseté des Libéraux corrompus ayant infiltré toutes les sphères décisionnelles (municipales, institutionnelles, etc.)