Ottawa annonce une enveloppe de 221 millions pour les CHSLD du Québec

Le ministre Jean-Yves Duclos a affirmé que l’allocation pour le Québec est rendue possible avec la signature d’une entente conclue avec la province. Aucun représentant du gouvernement Legault n’était présent lors de cette annonce.
Ryan Remiorz La Presse canadienne Le ministre Jean-Yves Duclos a affirmé que l’allocation pour le Québec est rendue possible avec la signature d’une entente conclue avec la province. Aucun représentant du gouvernement Legault n’était présent lors de cette annonce.

Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a annoncé lundi un financement de plus de 221 millions de dollars visant entre autres à améliorer la prévention des infections et la lutte contre celles-ci dans les centres de soins de longue durée du Québec.

Cet argent découle d’une entente qui vient d’être conclue avec le gouvernement de François Legault pour qu’il ait sa part d’une enveloppe d’un milliard de dollars prévue dans l’énoncé économique de l’automne 2020 pour l’ensemble des provinces et territoires, a indiqué M. Duclos en point de presse à Montréal.

Aucun représentant du gouvernement québécois n’était présent aux côtés du ministre fédéral pour son annonce, faite dans le quartier Montréal-Nord en compagnie d’intervenants du Club de l’âge d’or Sainte-Colette.

« Ils ont été invités à venir. Évidemment, on ne contrôle pas l’agenda du ministre [de la Santé Christian] Dubé ou d’autres ministres du gouvernement du Québec », a dit M. Duclos lorsqu’invité à expliquer cette absence.

Il a assuré avoir des « contacts très réguliers » avec son homologue du Québec sur une panoplie de dossiers ayant trait aux soins de santé.

Dans une déclaration commune transmise par courriel, les cabinets du ministre Dubé ainsi que de sa collègue Marguerite Blais, responsable des Aînés, ont soutenu qu’ils analysaient les sommes annoncées.

« Nous réitérons par la bande qu’il est essentiel de recevoir cet argent sans conditions. C’est au Québec de gérer le réseau de la santé », peut-on y lire.

Appelé à préciser si l’investissement ciblé de 221 millions équivalait à un financement assorti de conditions, M. Duclos n’a pas directement répondu à la question. Il a soutenu que l’annonce s’inscrivait dans le cadre de la relation entre le fédéral et le Québec, qui repose sur le respect du fait que la santé est de compétence provinciale, mais aussi sur les principes de « responsabilité partagée » et de « résultats ».

« Le gouvernement canadien ne peut jamais prétendre que c’est lui qui peut le mieux gérer les CHSLD », a-t-il avancé.

L’investissement présenté lundi doit permettre de « mieux soutenir les équipes de prévention et de contrôle des infections, former plus de 15 000 personnes [en la matière], former près de 10 000 agents qui vont assurer la mise en oeuvre et le maintien de pratiques sanitaires et sécuritaires pour les aînés », a affirmé le ministre.

Il a aussi mentionné que cette enveloppe pourrait servir à mettre à niveau des systèmes de ventilation, ainsi qu’à assurer du dépistage et un approvisionnement en équipement de protection individuelle.

Relations intergouvernementales

 

Dans leur déclaration commune, les équipes de M. Dubé et de Mme Blais ont réitéré la demande de longue date pour une hausse des transferts en santé.

Comme les autres provinces et territoires, le Québec réclame que la contribution d’Ottawa pour couvrir les coûts passe de 22 % à 35 %. « C’est en haussant les transferts fédéraux en santé qu’Ottawa peut nous aider, et non pas en jouant dans nos compétences, notamment avec des fonds ciblés », a-t-on souligné.

M. Duclos ne s’est pas avancé sur le moment où le fédéral accepterait de discuter concrètement de cette demande.

Le ministre fédéral a plutôt mis l’accent sur l’augmentation que connaîtront ces transferts fédéraux au cours des quatre prochaines années, ainsi que sur les investissements ciblés précédemment annoncés par le fédéral, comme ceux de deux milliards de dollars visant à aider les provinces à s’attaquer aux retards accumulés durant la pandémie dans les interventions chirurgicales.

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