Le remplaçant d’Annamie Paul veut rétablir les ponts avec le Québec

Astrophysicien de formation, Amita Kuttner a tenté sa chance lors de la dernière course à la chefferie du parti et a été candidat vert en Colombie-Britannique aux dernières élections.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Astrophysicien de formation, Amita Kuttner a tenté sa chance lors de la dernière course à la chefferie du parti et a été candidat vert en Colombie-Britannique aux dernières élections.

Le nouveau chef intérimaire du Parti vert du Canada promet de « défendre la langue française » et tend la main à l’aile québécoise de son parti, qui a mené un combat de longue haleine en coulisses contre sa prédécesseure, Annamie Paul.

« On a eu une réunion il y a quelques jours avec l’aile québécoise. J’ai hâte de travailler avec eux. Le Québec et les enjeux québécois sont très importants pour moi et aussi [pour] le parti, y compris défendre la langue française », a précisé Amita Kuttner, lors son premier jour à Ottawa comme chef intérimaire du Parti vert, mercredi.

Dans un français limpide, il s’est dit prêt à mener une campagne électorale verte si de nouvelles élections étaient déclenchées rapidement. Contrairement à la cheffe précédente, qui est restée dans sa propre circonscription durant l’essentiel de la campagne, il promet de voyager à travers le pays, dont au Québec.

Le nouveau chef temporaire a succédé le 24 novembre à Annamie Paul, après une chaotique période de transition de près de deux mois pendant laquelle Mme Paul restait en place comme cheffe du Parti vert malgré l’annonce publique de sa démission. Avant toute cette saga, l’aile québécoise des Verts avait participé à une fronde contre Mme Paul, la première femme noire et juive à diriger un parti politique fédéral.

Son remplaçant temporaire, Amita Kuttner, dit qu’il ignore quelle a été l’issue de l’affrontement devant les tribunaux qui s’est ensuivi, opposant son parti et Annamie Paul.

« Je suis très satisfait de l’ouverture de notre nouveau chef à l’égard des enjeux propres au Québec », a commenté Luc Joli-Coeur, président de l’aile québécoise du Parti vert du Canada, dans un message au Devoir.

Chef et trans

Astrophysicien de formation, Amita Kuttner a tenté sa chance lors de la dernière course à la chefferie du parti et a été candidat vert en Colombie-Britannique aux dernières élections. Il est également la première personne transgenre à devenir chef d’un parti politique fédéral, s’identifiant en anglais avec le pronom « they » (« ils »), mais en français avec « il ».

« Je sais que je sonne comme un adolescent, même si j’ai en fait 30 ans. C’est que je traverse une petite transition », a blagué Amita Kuttner en s’installant devant le micro, aux côtés des deux élus du parti, Elizabeth May et Mike Morrice.

Les priorités de la cinquième formation à la Chambre des communes sont, dit-il, le climat, la justice sociale, le bien-être, et « la vraie » réconciliation avec les peuples autochtones. « Et j’irais aussi loin que de dire la décolonisation […] comprendre le Canada comme un État colonial et génocidaire. »

Il voit estime que son rôle est de « solidifier » son parti avec tous, de le faire « grandir » et de s’assurer qu’il soit « guéri » afin d’organiser une bonne course à la chefferie, qui doit être lancée au printemps 2022.

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