La nomination de Mary Simon serait a priori conforme à la Loi sur les langues officielles

Mary Simon a laissé entrevoir les progrès réalisés au moment de lire le discours du Trône, mardi, qui comportait des sections en français.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Mary Simon a laissé entrevoir les progrès réalisés au moment de lire le discours du Trône, mardi, qui comportait des sections en français.

Les centaines de plaintes du public suscitées par la nomination d’une gouverneure générale qui ne maîtrise pas le français sont « non fondées », conclut le rapport d’enquête préliminaire du commissaire aux langues officielles du Canada.

« L’enquête établit que le Bureau du Conseil privé [le ministère du premier ministre] a pris des mesures positives durant le processus de sélection des candidats qui ont été recommandés au premier ministre », rapporte le commissaire Raymond Théberge dans une déclaration publiée vendredi.

En juillet, il a lancé une enquête après que son bureau a été inondé de plaintes de citoyens insatisfaits de la nomination de Mary Simon au poste de représentante de la Reine au Canada. Celle-ci était incapable de s’exprimer en français, l’une des deux langues officielles du Canada. La leader inuite originaire du Grand Nord québécois est bilingue, mais en inuktitut et en anglais.

Or, c’est le premier ministre Justin Trudeau, et non son gouvernement, qui a finalement choisi Mme Simon comme vice-reine. Les décisions du premier ministre ne sont pas assujetties à la Loi sur les langues officielles, et ne peuvent donc pas être examinées par le commissaire.

« Le premier ministre, qui n’est pas une institution fédérale assujettie à la Loi, possède une prérogative quant à la nomination du gouverneur général et n’est pas contraint par les recommandations émises par le Bureau du Conseil privé », écrit Raymond Théberge.

Par conséquent, il estime que les plaintes au sujet de cette nomination ne sont pas fondées. « Ces conclusions ne sont toutefois pas finales, car les plaignants et l’institution fédérale auront la possibilité de fournir leurs commentaires sur le rapport d’enquête préliminaire avant que j’émette mes conclusions finales », précise le commissaire.

Il ajoute que la nomination de Mme Simon représente « un pas important vers la réconciliation », mais que les leaders du pays « doivent montrer l’exemple et doivent pouvoir représenter l’ensemble de la population canadienne dans les deux langues officielles. »

Mary Simon a précisé au moment de sa nomination qu’elle comptait apprendre le français au cours de son mandat. Elle a laissé entrevoir les progrès réalisés au moment de lire le discours du Trône, mardi, qui comportait des sections en français. Son niveau de maîtrise de la langue lui a valu quelques critiques, mais aussi des encouragements de la part d’élus libéraux satisfaits de l’effort.

À voir en vidéo