Une défaite avec un goût de victoire d’étape pour Erin O’Toole

Le chef conservateur Erin O'Toole lors de sont discours de fin de soirée devant ses partisans
Photo: Matt Joycey Le Devoir Le chef conservateur Erin O'Toole lors de sont discours de fin de soirée devant ses partisans

Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O’Toole, se propose de « continuer la lutte » contre le Parti libéral du Canada (PLC) après le revers électoral qu’il a encaissé lundi. Les conservateurs seront prêts dans 18 mois au cas où le premier ministre Justin Trudeau décide de replonger le pays en campagne électorale, a-t-il promis.

« On a travaillé fort, on a fait des progrès, mais le travail n’est pas terminé », a fait valoir l’homme politique de 48 ans mardi, après avoir concédé sa défaite face au PLC. « Nos meilleurs jours sont à venir », a-t-il indiqué sur la scène du Tribute Communities Centre, à Oshawa, se disant encore « plus déterminé » à contribuer à « ce merveilleux pays » qu’est le Canada.

Pour « continuer de gagner la confiance des Canadiens », l’auteur du « Plan de rétablissement du Canada » a invité les conservateurs à « appren[dre] et à agir » plutôt que de « regarder vers le passé ». Tout le monde a sa place au sein du Parti conservateur, a insisté le natif de Montréal. « On doit travailler ensemble », a-t-il dit aux militants rassemblés devant lui.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le PCC était en tête — comme en 2019 — dans 119 des 338 circonscriptions canadiennes.

Erin O’Toole est sorti de la campagne électorale pandémique plus fort même s’il a échoué dans sa tentative d’expulser le chef libéral, Justin Trudeau, du bureau du premier ministre, soutenaient les membres de sa garde rapprochée qui passaient sous le nez de la presse, lundi soir.

Le chef conservateur n’a pas été écrasé par le « rouleau compresseur » du Parti libéral du Canada (PLC) comme plusieurs l’anticipaient il y a 37 jours, a fait valoir le stratège Jason Lietaer à son arrivée dans le Tribute Communities Centre. « [De voir Justin Trudeau et Erin O’Toole] être au coude-à-coude le dernier jour de la campagne électorale envoie à tout le monde des ondes positives concernant le leadership d’Erin O’Toole », a-t-il affirmé sur la glace recouverte de tuiles de bois où les « bleus » s’étaient donné rendez-vous pour prendre connaissance des résultats électoraux. Un mélange de « nervosité » et d’« excitation » flottait dans l’amphithéâtre lors du décompte des voix.

[De voir Justin Trudeau et Erin O’Toole] être au coude-à-coude le dernier jour de la campagne électorale envoie à tout le monde des ondes positives concernant le leadership d’Erin O’Toole.

 

Après l’annonce de la victoire du PLC, les techniciens ont coupé le son des présentateurs des soirées électorales défilant sur l’écran géant dressé dans la salle, pour démarrer une sélection musicale comptant notamment les morceaux Raise a Little Hell des Trooper et Starseed de Our Lady Peace. Les parterres de l’aréna d’Oshawa, aussi connu sous son ancien nom, General Motors Centre, sont demeurés vides ou presque, les militants préférant rester dans leurs loges, hors de portée de la presse. Ils sont descendus quelques minutes avant l’arrivée de leur chef sur la scène entourée d’unifoliés.

Au Québec, une minorité d’électeurs a souscrit au « contrat » d’Erin O’Toole, même si celui-ci avait obtenu la bénédiction du premier ministre québécois, François Legault. Le PCC figurait au troisième rang dans le cœur des francophones québécois (19 % d’appuis) derrière le Bloc québécois (38 %) et le Parti libéral du Canada (28 %), selon l’ultime coup de sonde effectué par la firme Léger avant le scrutin. Le directeur de la campagne conservatrice au Québec, Marc-Olivier Fortin, ne s’en formalisait pas lundi soir. « On partait de l’arrière. [Il y a un an], les gens ne nous considéraient même pas. Il y avait des sondages [qui créditaient le PCC de] 12 %, 13 %, 14 % des appuis au Québec. On finit la campagne avec du 19 %, 20 % d’appuis. Moi, je trouve cela fantastique », a-t-il affirmé dans les coulisses de l’amphithéâtre.

La campagne électorale aura permis de « détoxifier le branding du Parti conservateur » au Québec, selon Marc-Olivier Fortin. Elle constitue en ce sens un « tremplin », estime-t-il après une campagne où son chef pro-provinces, pro-choix, pro-mariage gai, Erin O’Toole, est parvenu à opérer le « centrage » du parti qu’il a hérité de Stephen Harper et d’Andrew Scheer, sans s’aliéner les conservateurs des Prairies. « Je pense que ça regarde bien pour l’avenir. » Le stratège nourrissait l’espoir de voir l’équipe d’Erin O’Toole enregistrer des gains au Québec, particulièrement dans les régions de la Mauricie et de Québec, malgré les efforts de son principal adversaire, Justin Trudeau, de l’associer tantôt à l’ex-premier ministre conservateur Stephen Harper tantôt au premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, dont la gestion de la pandémie de COVID-19 a tourné au vinaigre. Il pointait les circonscriptions de Trois-Rivières (Yves Lévesque), ainsi que de celles de Beauport-Limoilou (Alupa Clarke) et de Beauport–Côte-de-Beaupré–Île d’Orléans–Charlevoix (Véronique Laprise). « Ce sera à tout le moins des courses serrées, ce qui n’était pas le cas auparavant », précisait-il, alors que les résultats des courses se faisaient toujours attendre au moment où ces lignes étaient écrites.

En Beauce, le conservateur Richard Lehoux a fait barrage pour une deuxième élection de suite au chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, qui avait fait campagne contre les mesures visant à freiner la propagation de la COVID-19 à travers le pays. Contrairement à la pensée populaire, le PCC n’a pas pâti plus que les autres partis de l’attrait exercé par le PPC de Maxime Bernier auprès des antivaccins, a soutenu Marc-Olivier Fortin, tournant la page sur cette campagne menée au temps de la COVID-19.

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