«On va continuer de se battre», dit Jagmeet Singh

Dans son discours de fin de soirée, Jagmeet Singh a martelé à nouveau les thèmes de sa campagne, axés sur la crise climatique, les soins de santé, y compris la santé mentale, les Autochtones et la hausse des taxes pour les «super riches».
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Dans son discours de fin de soirée, Jagmeet Singh a martelé à nouveau les thèmes de sa campagne, axés sur la crise climatique, les soins de santé, y compris la santé mentale, les Autochtones et la hausse des taxes pour les «super riches».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a promis de « continuer se battre » pour l’environnement, les soins de santé, la justice sociale et les Autochtones face au gouvernement libéral minoritaire de Justin Trudeau.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le parti de Jagmeet Singh était en voie de remporter 25 circonscriptions, trois de plus qu’à la dissolution du Parlement. Le NPD et le Bloc québécois bataillaient ferme pour avoir la balance du pouvoir à la Chambre des Communes.

Le vétéran Alexandre Boulerice a été réélu de façon décisive pour un quatrième mandat dans la circonscription de Rosemont–La Petite-Patrie, mais il restera le seul élu néodémocrate du Québec. L’ex-députée Ruth Ellen Brosseau a été défaite dans la circonscription de Berthier–Maskinongé, qu’elle avait perdue en 2019 après deux mandats. À 3 h mardi matin, le bloquiste Yves Perron menait par plus de 900 voix.

« On s’est battus pour vous depuis le début de la pandémie, on va continuer de se battre », a lancé Jagmeet Singh à ses partisans réunis dans la région de Vancouver. Il a été réélu dans la circonscription de Burnaby-Sud.

Le chef néodémocrate a martelé à nouveau les thèmes de sa campagne, axés sur la crise climatique, les soins de santé, y compris la santé mentale, les Autochtones et la hausse des taxes pour les « super riches ».

Des gains modestes

Jagmeet Singh avait déclaré qu’il voulait augmenter le nombre de ses députés, mais le gain risque d’être minime : trois de plus qu’au scrutin de 2019, selon les projections dans la nuit de lundi à mardi. C’est tout un contraste avec la vague orange de 2011, qui avait propulsé le parti de Jack Layton, à l’époque, au statut d’opposition officielle à Ottawa. Le NPD avait remporté 103 sièges au pays, dont 59 (sur 75) au Québec. Après la mort de Jack Layton, le parti a chuté à 44 élus avec le chef Thomas Mulcair en 2015, puis à 24 sous Jagmeet Singh en 2019.

Les résultats tardaient à être dévoilés dans Laurier–Sainte-Marie, où l’épidémiologiste Nimâ Machouf, candidate pour la deuxième fois, tentait de ravir le siège du député libéral sortant, Steven Guilbeault. Au moment où ces lignes étaient écrites, il devançait son adversaire néodémocrate par près de 2000 voix.

L’étoile du militant écologiste a pâli au cours du mandat libéral à cause de l’achat par Ottawa du controversé pipeline Trans Mountain, qui vise à exporter le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta. Steven Guilbeault était ministre du Patrimoine, et non de l’Environnement, mais le NPD l’a tout de même associé à cette décision controversée du gouvernement Trudeau.

Dans Outremont, l’ex-députée de la vague orange Ève Péclet a mordu la poussière devant la libérale Rachel Bendayan, qui dominait par plus de 5400 voix vers 1 h 30.

Talonner le gouvernement

Le NPD compte marteler ses thèmes de prédilection devant le gouvernement libéral minoritaire de Justin Trudeau, a fait valoir lundi soir Alexandre Boulerice : changements climatiques, aide au logement et filet social pour les plus démunis, notamment.

« On va négocier, on va travailler fort, a-t-il dit. On a montré qu’on est capables de tirer notre épingle du jeu en contexte de gouvernement minoritaire depuis deux ans. »

Il rappelle que le NPD a poussé fort pour que les travailleurs autonomes, les artistes et les étudiants aient droit à l’aide financière d’urgence créée pour amortir le choc de la pandémie, et pour faire augmenter les subventions salariales aux petites et moyennes entreprises.

Le militant néodémocrate Hans Marotte, qui a aidé Jagmeet Singh à se préparer au débat en français, estime que le parti talonnera le prochain gouvernement sur la question de l’environnement. « Avec la crise des changements climatiques, ça n’a pas de sens d’acheter un pipeline ou de faire un troisième lien à Québec », dit cet infatigable défenseur des droits des travailleurs, qui a été deux fois candidat du NPD, en 2015 et en 2000.

Hans Marotte est convaincu que Jagmeet Singh restera en poste même s’il ne gagne pas ses élections. « Je n’ai pas de crainte là-dessus. C’est un gars vraiment authentique, professionnel, qui a des principes. Si les jeunes vont voter, on a des chances. »



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