Les verts défendent des valeurs «hostiles» au Québec, dit Blanchet

La cheffe du Parti vert, Annamie Paul
Photo: Christopher Katsarov La Presse canadienne La cheffe du Parti vert, Annamie Paul

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a eu maille à partir avec la cheffe du Parti vert, Annamie Paul, lundi. Celle-ci défend, selon lui, des valeurs « contraires et hostiles » à celles du Québec.

Il réagissait ainsi à la sortie récente de Mme Paul au sujet du projet de loi 96 sur la langue française au Québec. Annamie Paul a remis en question la constitutionnalité du projet de loi québécois, une réforme de la loi 101, et proposé que la Chambre des communes l’étudie en comité.

Un tel exercice consisterait en un « bris grossier de juridiction », a martelé M. Blanchet, lors d’un point de presse organisé devant le marché Maisonneuve, à Montréal. Il permettrait par contre au Bloc de mettre en relief, « chaque jour », les différences entre les modèles canadien et québécois, a-t-il dit.

« Le Parti vert défend activement des valeurs qui sont contraires et hostiles à celles des Québécois. Je pense que le Parti vert devrait davantage s’attarder à des positions vertes », a déclaré M. Blanchet.

Présenté le 13 mai dernier, le projet de loi 96 vise à encadrer l’usage du français dans plusieurs champs d’activité, dont les entreprises de 25 à 49 employés, l’affichage commercial et l’accès au cégep anglophone. Il n’a pas encore été adopté par l’Assemblée nationale, où il fait cependant l’objet d’un large consensus. Pour le protéger des contestations judiciaires, le gouvernement Legault y a inclus une clause de dérogation, comme c’était le cas avec la loi 21 sur la laïcité de l’État.

M. Blanchet a d’ailleurs souligné que Mme Paul avait également attaqué cette autre loi québécoise, qui interdit le port de signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité. La cheffe des verts a déclaré vendredi dernier que « toute loi qui dit qu’une femme devrait avoir honte de son choix de porter un hidjab […] est tout simplement mauvaise [wrong]. Cela viole nos droits fondamentaux ».

« J’ai juste envie que les Québécois entendent tous ça, qu’ils le sachent, a répliqué lundi M. Blanchet. Est-ce qu’un moment donné, Mme Paul va faire autre chose que de parler de la loi 21 à Toronto ? Est-ce que ce parti-là est le Parti vert ou le Parti anti-21 ? » a-t-il demandé. Depuis le début de la campagne électorale, Annamie Paul est restée dans la Ville Reine pour faire campagne dans sa circonscription de Toronto-Centre. Contrairement aux autres chefs de partis nationaux, la cheffe n’a toujours pas commencé de tournée pour appuyer ses candidats locaux.

Le Parti vert n’a pas souhaité répliquer aux propos d’Yves-François Blanchet, lundi. La cheffe, Annamie Paul, n’avait aucun point de presse prévu à l’horaire au cours de la journée. Elle a toutefois eu l’occasion de clarifier sa pensée sur la question de Loi sur la laïcité de l’État du Québec et son projet de loi 96 dans le cadre d’une interview à l’émission matinale de Radio-Canada, lundi.

« En ce qui concerne la Loi sur la laïcité, ça fait des mois, même avant de devenir cheffe de notre parti, que j’ai dit que je ne soutiens pas cette loi. Je crois qu’il y a des violations des droits fondamentaux. Il y a des droits universels, qui ne sont pas que des droits ici au Canada, mais des droits internationaux. L’expression religieuse est un droit fondamental », a-t-elle expliqué.

Au projet du projet de loi 96, elle convient que l’Assemblée nationale avait parfaitement le droit de proposer une telle loi, mais elle avance que le gouvernement libéral à Ottawa devait faire de plus amples analyses sur sa constitutionnalité.

« C’est possible qu’il n’y ait pas de problème avec la loi, mais il y a des questions constitutionnelles qui sont soulevées, et c’est le travail du Parlement d’être le gardien de notre Constitution. »

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