Interprètes afghans: la vice-première ministre Chrystia Freeland promet d’agir vite

La semaine dernière, le gouvernement fédéral a annoncé de nouvelles mesures d’immigration pour des Afghans.
Photo: Stephen MacGillivray La Presse canadienne La semaine dernière, le gouvernement fédéral a annoncé de nouvelles mesures d’immigration pour des Afghans.

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a déclaré jeudi que l’objectif du gouvernement est de faire venir le plus rapidement possible les Afghans qui ont aidé chez eux le Canada et qui font maintenant face à de graves périls — eux et leurs proches.

Mme Freeland a répondu jeudi aux critiques après que le ministère de l’Immigration eut publié un formulaire de demande que les Afghans admissibles devaient remplir dans les 72 heures — un délai qui a été assoupli plus tard.

De passage jeudi à Lakefield, en Ontario, la vice-première ministre a déclaré aux journalistes que son gouvernement souhaitait avancer « très, très rapidement » dans ce dossier. Elle assure que ce sentiment d’urgence est ce qui motive son approche, plutôt que toute tentative d’empêcher quiconque de venir au Canada.

La semaine dernière, son gouvernement a annoncé de nouvelles mesures d’immigration pour peut-être « plusieurs milliers » d’Afghans, y compris les interprètes qui ont travaillé avec les Forces armées canadiennes et avec le personnel actuellement ou précédemment en poste à l’ambassade du Canada — mais aussi la famille de ces Afghans.

Les mesures, bien que peu détaillées, font suite à une inquiétude croissante au sein de la communauté des anciens combattants au Canada depuis le retrait soudain des troupes américaines d’Afghanistan. Ce retrait a encouragé les talibans à intensifier leur offensive et à se venger de ceux qui avaient aidé les forces occidentales.

Les vétérans et les interprètes ont critiqué les nouvelles procédures d’immigration du Canada. Ils déplorent par exemple que la nouvelle demande, publiée en anglais, nécessite jusqu’à 10 numérisations de documents différents et requière le logiciel Adobe Acrobat, dans un pays où le taux d’alphabétisation est faible et où le service Internet est très inégal. Ils soutiennent aussi que des appels au bureau du ministre de l’Immigration ont été accueillis par un répondeur.

Ils se demandent par ailleurs si les membres de la famille élargie seront inclus dans cet effort d’immigration, car ils soutiennent que les talibans ciblent non seulement les conjoints et les enfants des interprètes, mais aussi leurs parents, frères et sœurs et autres proches.

Reconnaissance

Mme Freeland a souligné jeudi que le gouvernement ne tentait pas de restreindre le droit de ces personnes qui ont servi le Canada. « Ce sur quoi nous nous concentrons vraiment, vraiment, c’est de nous assurer que la logistique fonctionne et que ces braves gens aient la chance de venir au Canada, a-t-elle dit. Je suis sûre qu’ils feront de grands Canadiens. »

Elle a également déclaré que le sort des Afghans qui ont aidé le Canada lors de sa mission de combat dans ce pays est d’une importance personnelle pour elle, ancienne journaliste, dont le mari reporter est allé sur le terrain en Afghanistan. « Il y a eu beaucoup d’inquiétudes personnelles chez nous à ce sujet », a-t-elle confié.

« La ministre de la Couronne dit à toutes les personnes en Afghanistan qui ont travaillé pour soutenir le travail important que le gouvernement du Canada faisait là-bas : “Nous sommes très, très reconnaissants pour votre travail et nous reconnaissons absolument la responsabilité que nous avons envers vous et vos familles.” »

À voir en vidéo