Voyager avec des enfants pourrait être compliqué

Les assouplissements permettront tout au plus à ceux qui pouvaient déjà revenir au pays de ne pas avoir à faire la quarantaine de retour au pays, à condition d'être vacciné.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les assouplissements permettront tout au plus à ceux qui pouvaient déjà revenir au pays de ne pas avoir à faire la quarantaine de retour au pays, à condition d'être vacciné.

Même si certains voyageurs complètement vaccinés pourront éviter la quarantaine et le coûteux séjour à l’hôtel de retour au pays, il pourrait s’avérer compliqué de voyager avec des enfants. Les nouvelles règles fédérales, annoncées lundi, donneront aussi des maux de tête aux Québécois qui ont déjà contracté la COVID-19 et à qui une seule dose de vaccin est offerte.

Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a bien prévenu lundi que les allègements aux frontières seront mis en place de manière progressive, « en fonction de la diminution des risques ». La première phase d’assouplissements, qui entrera en vigueur le 6 juillet, n’ouvre pas la porte aux touristes étrangers.

[Les enfants] peuvent faire leur quarantaine à la maison, avec en tête que tout voyageur non vacciné est potentiellement infecté par la COVID.

Elle permettra tout au plus à ceux qui pouvaient déjà revenir au pays de ne pas avoir à faire la quarantaine de retour au pays, ni à payer trois nuitées dans un hôtel autorisé en attendant d’obtenir un résultat négatif, à condition qu’ils soient complètement vaccinés. Toutes les autres mesures sanitaires incombant aux voyageurs sont maintenues, comme l’inscription au portail ArriveCan, l’obligation de présenter un test négatif à la COVID-19 avant le départ, puis d’effectuer un second test à son arrivée.

Enfants non vaccinés

Ces mesures sont également loin de faciliter le voyage pour tous ceux qui souhaiteraient se rendre dans l’un des pays du monde qui acceptent les touristes canadiens. Les voyages en famille vont rester compliqués. Les enfants de moins de 12 ans, qui n’ont pas accès au vaccin, ne pourront pas éviter la quarantaine, même si leurs parents vaccinés pourront vaquer à leurs occupations une fois de retour. La famille pourra au moins faire l’économie de l’hôtel approuvé par le gouvernement.

« L’avis de notre équipe de scientifiques et des experts de santé publique est de protéger les Canadiens des contacts avec des cas de COVID. [Les enfants] peuvent faire leur quarantaine à la maison, avec en tête que tout voyageur non vacciné est potentiellement infecté par la COVID », a expliqué la ministre de la Santé, Patty Hajdu.

Les patients désormais guéris de COVID-19 et qui ont été vaccinés au Québec sont eux aussi, pour l’instant, exclus de la dispense de quarantaine fédérale. Ottawa ne considère comme complètement vaccinées que les personnes qui ont obtenu toutes les doses recommandées d’un vaccin homologué au Canada, soit deux doses pour les vaccins Pfizer, Moderna et AstraZeneca, ou une dose du Johnson Johnson. Or, le Québec considère plutôt qu’une seule dose est suffisante pour protéger ceux qui ont déjà contracté la maladie.

La ministre de la Santé a promis d’assurer un suivi avec les scientifiques fédéraux pour fournir « une réponse très vite. » Entre-temps, ces voyageurs devront faire la quarantaine.

Questionné à ce sujet, le premier ministre du Québec, François Legault, dit avoir abordé ce sujet avec son homologue fédéral, Justin Trudeau. « Nos spécialistes pensent que ça devrait être considéré comme une vaccination complète, mais vous comprenez qu’on n’a pas de contrôle sur les exigences des Américains, des Européens ou des autres pays dans le monde », a-t-il expliqué.

François Legault a aussi dit être pour une ouverture des frontières, à commencer par celle des États-Unis, « mais à condition qu’on exige que les personnes aient reçu leurs deux doses ».

Déception

Ce début d’assouplissement annoncé lundi par Ottawa n’a été associé à aucun plan clair quant aux prochaines étapes menant vers la réouverture de la frontière avec les États-Unis, ont critiqué des groupes de l’industrie et l’opposition officielle aux Communes.

« L’annonce d’aujourd’hui va [aider] les Canadiens à voyager pour affaires, mais continuera d’empêcher les visiteurs qui veulent venir au Canada. Des communautés canadiennes dépendent des emplois du tourisme et d’entreprises qui ont besoin de faire venir des employés d’autres pays », a critiqué la Chambre de commerce canadienne, dans une déclaration.

« Un plan transparent avec des repères clairs pour rouvrir le voyage serait un puissant outil pour encourager les Canadiens à se faire vacciner », a pour sa part déclaré le Conseil canadien des affaires.

Le Parti conservateur du Canada a joint sa voix aux critiques. « Ce manque de leadership des libéraux de Trudeau est sans équivoque. Au lieu de présenter un plan clair avec des mesures, ils préfèrent laisser les entreprises et les citoyens dans le noir. C’est honteux », a dit le député Pierre Paul-Hus.

De nouveau, lundi, le gouvernement du Canada a réitéré qu’il conseille « vivement » aux Canadiens d’éviter tout voyage non essentiel à l’étranger. Selon le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, les États-Unis et le Canada s’entendent sur le fait qu’il est trop tôt pour envisager toute réouverture de la frontière. « Nous n’en sommes pas encore là, pour l’instant. »

La frontière entre le Canada et les États-Unis doit demeurer fermée au moins jusqu’au 21 juillet.

Avec Marie-Michèle Sioui

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