Une dose de vaccin de plus, mais la même fiole

Pfizer a toujours dit que son contrat était basé sur un nombre de doses, et non de fioles.
Photo: Christof Stache Agence France-Presse Pfizer a toujours dit que son contrat était basé sur un nombre de doses, et non de fioles.

Après les États-Unis et l’Union européenne, le Canada accepte à son tour de reconnaître que les fioles de vaccin contre la COVID de Pfizer-BioNTech contiennent non pas cinq mais bien six doses pouvant être injectées. Du coup, Ottawa peut clamer qu’il recevra plus de doses au cours des deux prochaines semaines, et ce, même si le nombre de fioles prévu demeurera constant et que les provinces n’ont pas la certitude d’être capables d’extraire cette sixième dose chaque fois.

Ainsi, Ottawa soutient qu’il recevra 400 000 doses du vaccin de Pfizer la semaine prochaine et 475 000 doses la semaine suivante. « Nous ne recevrons pas de fioles additionnelles. Le changement d’étiquetage engendre la création de doses additionnelles », a confirmé le major général Dany Fortin, responsable de la distribution des vaccins au Canada.

Pfizer a toujours dit que son contrat était basé sur un nombre de doses, et non de fioles. La pharmaceutique doit livrer quatre millions de doses de son vaccin au Canada d’ici la fin de mars et assure qu’elle sera en mesure de respecter son contrat. Mais pour ce faire, elle pourra désormais envoyer jusqu’à 17 % moins de fioles.

Pour réussir à extraire cette sixième dose, il faut de plus petites seringues, dites à faible volume mort, et celles-ci sont en nombre limité. À Québec, on semble avoir confiance de pouvoir y parvenir. « Nous utilisons déjà six doses », a soutenu le directeur national de santé publique, Horacio Arruda. « Nous travaillons avec le gouvernement fédéral pour avoir accès à ces petites seringues qui rendent cela plus simple, mais même avec les autres, nous n’avons pas perdu ces précieuses doses. »

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En Ontario, le général Rick Hillier, responsable de la campagne de vaccination, s’est plaint récemment que le personnel médical n’y parvient que 80 % du temps pour certaines livraisons, et pas du tout pour d’autres. C’est devenu un objet de défi entre les vaccinateurs. Néanmoins, le cabinet de la ministre ontarienne de la Santé se dit « encouragé » par la décision de Santé Canada. « L’Ontario s’attend à recevoir les seringues qui permettront à nos vaccinateurs d’obtenir la sixième dose de manière constante à compter du 15 février. »

Le major général Fortin a en effet assuré que les provinces recevront au cours des prochains jours assez de seringues spécialisées pour garantir l’extraction de cette sixième dose. De plus, des webinaires seront mis en ligne pour former le personnel médical sur la meilleure façon de procéder pour réussir cette extraction. « Tout sera en place pour les prochaines livraisons à partir de la semaine du 15 février avec des quantités suffisantes d’équipement », a-t-il affirmé.

Le chef conservateur fédéral, Erin O’Toole, a déploré ce changement d’étiquetage. Il invite le gouvernement à exiger de Pfizer le remplacement de toute dose perdue si les provinces sont incapables de les extraire. Questionnés à ce sujet, les ministres fédéraux n’ont pas dit si le contrat contenait une telle clause.

Compenser la perte

Une fiole de Pfizer contient 2,25 millilitres de liquide. Une dose de vaccin en contient 0,3. M. Berthiaume a expliqué qu’une seringue à faible volume mort permet de ne perdre que 0,035 ml de liquide, ou 0,2 ml après six doses. Il resterait donc encore un jeu de 0,25 ml pour compenser la perte de ce qui reste collé à la paroi de la fiole.

Le fédéral a distribué 1,3 million de doses de vaccin aux provinces à ce jour. En date du 5 février, près de 872 000 Canadiens (2,3 % de la population) avaient reçu au moins une dose de vaccin — dont 239 500 au Québec (2,8 %). De ce nombre, 0,3 % de la population canadienne a reçu les deux doses du vaccin (mais 0 % au Québec).

Selon l’agrégateur de données Our World in Data, le Canada figure au 40e rang environ (selon qu’on compte ou pas chaque membre de la Grande-Bretagne) des pays ayant vacciné le plus de citoyens. Parmi les grands pays, Israël trône en tête de palmarès avec un taux de 66 %, suivi des Émirats arabes unis avec un taux 45 %, de la Grande-Bretagne (19 %) et des États-Unis (13 %). Quelques très petits pays obtiennent un très bon résultat, mais parce qu’ils sont peu nombreux (comme Gilbratar, avec un taux de 57 % pour une population de moins de 35 000 personnes). La France est à 3,25 % et certains pays, comme le Japon et l’Australie, n’ont pas encore commencé la vaccination de leur population.

Avec Marco Bélair-Cirino

Un test ou 3000$

Les snowbirds qui rentrent au pays par la route ne seront pas épargnés par le resserrement des mesures à la frontière. Ottawa exigera à compter de lundi que tout voyageur se présentant à la frontière terrestre ait en sa possession un résultat négatif de test de dépistage à la COVID effectué au cours des 72 dernières heures. Comme un Canadien ne peut être refoulé à la frontière terrestre, Ottawa prévoit une amende de 3000 $ pour tout contrevenant. « On peut exiger un suivi attentif de Santé Canada avec d’autres dépistages », a ajouté le premier ministre Justin Trudeau. Il est déjà obligatoire pour toute personne arrivant au Canada par avion d’avoir un résultat négatif à un test de dépistage. On ignore par ailleurs encore quand entrera en vigueur l’obligation pour les voyageurs aériens de se placer en quarantaine surveillée à l’hôtel, au coût de 2000 $. Les hôtels ont jusqu’à mercredi, minuit, pour signifier à Ottawa leur intention de participer au programme. Ils devront fournir des repas livrés sans contact, une télévision et une radio fonctionnelles ainsi qu’un accès gratuit au réseau Wi-Fi. Les voyageurs en isolement devront se trouver sur un étage distinct des autres clients de l’hôtel. Ils auront droit d’aller à l’extérieur, mais pour « des périodes essentielles et brèves » comme une pause cigarette.


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