À Ottawa, le Parlement reprend ses activités

Les députés devraient permettre à nouveau une présence virtuelle à la Chambre des communes, car de nombreuses provinces sont en confinement pendant la deuxième vague de la pandémie.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Les députés devraient permettre à nouveau une présence virtuelle à la Chambre des communes, car de nombreuses provinces sont en confinement pendant la deuxième vague de la pandémie.

Alors que les parlementaires fédéraux reprenaient leurs travaux aux Communes, lundi, l’opposition conservatrice a réclamé la tenue d’un débat d’urgence sur la distribution des vaccins contre la COVID-19.

« La clé pour remettre notre pays sur les rails, c’est les vaccins », a souligné le chef conservateur Erin O’Toole, lors d’un point de presse à Ottawa lundi matin. « La vérité, c’est que l’on a une pénurie de vaccins maintenant. Ce premier ministre a de belles paroles, mais, dans les faits, on va recevoir zéro vaccin Pfizer cette semaine », s’est-il désolé.

La compagnie pharmaceutique a ralenti la distribution de son produit pendant qu’elle modifie son usine belge afin d’augmenter sa capacité de production.

Elle continue d’assurer que toutes les doses promises d’ici la fin mars seront livrées au Canada, bien que plus lentement.

M. O’Toole n’a pas dit ce que le gouvernement libéral devrait faire maintenant, mais il est revenu sur ce qu’il aurait dû faire plus tôt. « Nous voulions voir s’il y avait une capacité domestique de fabriquer un vaccin au Canada. […] Le gouvernement Trudeau n’a pas exploré cela », a-t-il dit.

Par ailleurs, invité à partager ses réflexions sur l’imposition de restrictions sur les voyages à l’étranger, M. O’Toole s’est contenté de dire qu’il est prêt à discuter avec le gouvernement libéral de ses intentions.

Le chef du NPD, lui, a été plus direct, appuyant à la fois une interdiction de voyage et l’imposition d’une quarantaine à l’hôtel payée par le voyageur. « La mesure de quarantaine a été utilisée dans d’autres pays et ça a fonctionné », a fait remarquer Jagmeet Singh lorsqu’il a rencontré la presse à son tour.

« J’aimerais bien avoir confiance dans les Canadiens [et] de [les voir] suivre les conseils de nos [autorités] médicales ; mais si c’est nécessaire d’avoir des restrictions, des sanctions plus sévères, c’est aussi quelque chose à considérer », a offert, de son côté, la leader du Parti vert, Annamie Paul, qui a aussi tenu un point de presse lundi matin.

Les bloquistes, eux, se préparaient à relayer à la Chambre des communes les réclamations de François Legault pour décourager les voyages à l’approche du congé scolaire.

Le premier ministre québécois a d’abord demandé une interdiction des voyages à l’étranger, puis a dit qu’il se contenterait d’une plus grande surveillance de la quarantaine imposée à l’arrivée aux voyageurs.

Le gouvernement a déposé un avis annonçant le dépôt du projet de loi qui empêchera les personnes ayant fait un voyage non essentiel à l’étranger de réclamer, à leur retour, 500 $ par semaine, pendant les deux semaines de cette quarantaine.

Rentrée virtuelle

On s’attend à ce que les députés travaillent ensemble pour permettre à nouveau une présence virtuelle à la Chambre des communes, car de nombreuses provinces sont en confinement pendant la deuxième vague de la pandémie. Ils devront également décider s’il convient d’adopter une nouvelle application pour les parlementaires qui ne votent pas en personne.

Mais ces démonstrations d’unité risquent d’être l’exception plutôt que la règle les prochains mois. Les partis d’opposition ont déjà fait savoir qu’ils avaient l’intention de mener la vie dure au gouvernement sur de nombreux sujets, et pas seulement sur la gestion de la pandémie.

Le gouvernement sera également sous pression pour dévoiler ses plans pour choisir un nouveau gouverneur général après la démission de Julie Payette, la semaine dernière, en raison d’allégations voulant qu’elle ait créé un milieu de travail toxique à Rideau Hall.

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