Les Canadiens favorables à une interdiction de voyager

<p>Ce sont les Québécois qui sont les plus favorables à une interdiction de voyager (73 %) suivis de près par les Ontariens (71 %) tandis que les Albertains (48 %), les Saskatchewanais (53 %) et les Manitobains (55 %) y sont les plus réfractaires au pays.</p>
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne

Ce sont les Québécois qui sont les plus favorables à une interdiction de voyager (73 %) suivis de près par les Ontariens (71 %) tandis que les Albertains (48 %), les Saskatchewanais (53 %) et les Manitobains (55 %) y sont les plus réfractaires au pays.

Les politiciens ont beau laisser entendre que ce serait contraire aux droits et libertés des citoyens, une importante majorité de Canadiens pensent qu’Ottawa devrait interdire les voyages à l’étranger pendant la pandémie.

Un sondage mené en ligne auprès de 1601 personnes par la firme Angus Reid a découvert que 65 % des répondants interdiraient non seulement aux Canadiens de sortir du pays, mais aux autres citoyens du monde d’entrer au Canada. À l’inverse, un répondant sur quatre (26 %) pense qu’on devrait maintenir le statu quo, c’est-à-dire ne pas interdire les voyages tout en les décourageant fortement. Enfin, 9 % pensent qu’on devrait laisser les Canadiens libres de leurs choix sans formuler de recommandations à propos des voyages.

Ce sont les électeurs bloquistes qui sont les plus susceptibles de favoriser un interdit de voyage (88 %), alors que les électeurs conservateurs y sont le moins chauds (57 %). Les libéraux (68 %) et les néodémocrates (74 %) se retrouvent au milieu.

De la même manière, ce sont les Québécois qui sont les plus favorables à une interdiction de voyager (73 %), suivis de près par les Ontariens (71 %), tandis que les Albertains (48 %), les Saskatchewanais (53 %) et les Manitobains (55 %) y sont les plus réfractaires au pays.

Par ailleurs, les répondants se montrent impitoyables envers les politiciens du pays qui ont effectué un voyage à l’étranger pendant les Fêtes : 89 % des répondants estiment que les élus auraient dû montrer l’exemple. Ce niveau est le plus bas en Alberta, mais demeure très élevé quand même, à 84 %.

Des constitutionnalistes interrogés par Le Devoir avaient indiqué qu’un tel interdit de voyage pourrait probablement se défendre devant les tribunaux, malgré l’article de la Charte canadienne des droits et libertés garantissant une liberté de mouvement aux citoyens.

Des politiciens moins encensés

Le coup de sonde d’Angus Reid permet par ailleurs de constater que les politiciens canadiens gérant la pandémie ont perdu de leur superbe aux yeux des électeurs. Ils n’obtiennent plus des niveaux d’appui staliniens comme au début de la pandémie.

Le plus touché par cette perte de soutien est le premier ministre albertain, Jason Kenney : il n’y a plus que 33 % de ses concitoyens qui trouvent qu’il fait du bon travail, contre 67 % en avril dernier. La situation sanitaire en Alberta est la pire au pays, avec un taux de cas actifs de 319 par 100 000 habitants (contre 279 au Québec et 203 en Ontario, ce qui les place respectivement en troisième et en cinquième positions). François Legault jouit encore de l’approbation de 70 % des Québécois, contre 92 % au printemps dernier. C’est seulement dans les provinces atlantiques (où la pandémie est très bien contrôlée) que le taux d’approbation des leaders politiques est demeuré inchangé, à 80 %. Quant au premier ministre Justin Trudeau, il y a encore 50 % des électeurs qui pensent qu’il fait du bon travail, contre 62 % en avril dernier.