Trudeau donne à sa vice-première ministre le crédit des réussites fédérales de l’année

Lors de l’entrevue annuelle de La Presse canadienne, Justin Trudeau est arrivé accompagné de sa vice-première ministre, Crystia Freeland, manifestement désireux de braquer l’attention médiatique sur elle.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Lors de l’entrevue annuelle de La Presse canadienne, Justin Trudeau est arrivé accompagné de sa vice-première ministre, Crystia Freeland, manifestement désireux de braquer l’attention médiatique sur elle.

Décembre 2019, Justin Trudeau dit à qui veut l’entendre qu’il se fera moins voir en 2020. C’était son message principal, offert à toutes les entrevues de fin d’année, dont celle accordée à La Presse canadienne. Il veut laisser la place à l’équipe, aux accomplissements de son gouvernement.

2020 et sa pandémie l’ont fait mentir.

Mercredi, il arrive à l’entrevue annuelle de La Presse canadienne accompagné de sa vice-première ministre — geste exceptionnel — manifestement désireux de braquer l’attention médiatique sur elle.

Le seul moment où il s’anime franchement lors de cet exercice d’une heure, rendu particulièrement rigide grâce aux règles de distanciation, c’est quand il parle de Chrystia Freeland. Et c’est pour lui donner le crédit de ce qu’il considère comme un des meilleurs coups de son gouvernement pendant cette pandémie.

Il rappelle la pénurie d’équipements de protection personnelle qui s’est annoncée au printemps. « On entendait des histoires de nos travailleurs de première ligne qui devaient ramener leurs masques chez eux pour les laver, pour pouvoir les porter une autre journée. Ça, ça a été très difficile à entendre », a-t-il relaté.

Pendant ce temps, plusieurs pays s’arrachaient ces équipements, devenus denrée rare.

Une fois cette crise passée, « on a eu une réflexion ». C’était le mois d’avril ou de mai, se souvient M. Trudeau.

« Et d’ailleurs, c’est Chrystia qui était au cœur de cette réflexion. […] Elle a dit “OK, cette compétition globale, ça a été vraiment tough. Maintenant, sur la prochaine compétition globale, ça va être quoi d’après vous ?” On en a discuté. Chrystia a dit : “les vaccins” », raconte le premier ministre.

Et c’est ainsi qu’Ottawa a pu acheter longtemps à l’avance des vaccins. « Et, vous vous souviendrez, au printemps, on ne savait même pas s’il allait pouvoir exister un jour un vaccin. »

Assise à deux mètres de lui, la ministre hoche la tête, affichant un large sourire. « C’est exactement ce qui s’est passé », confirme-t-elle.

Puis, elle saisit la balle et offre son message. « Juste comme le premier ministre a expliqué, on a fait avec le vaccin, on a pensé au futur, on est en train de faire la même chose avec l’économie », a-t-elle déclaré.

« Je pense que 2021 doit être une année d’optimisme, de confiance et de croissance économique. […] Et je suis très optimiste et je suis très confiante. On peut le faire et on va le faire », a-t-elle promis.

Relations tendues avec François Legault ?

Non, M. Trudeau ne croit pas que les multiples attaques du premier ministre du Québec sont des signes d’une mauvaise relation entre les deux hommes.

Monté aux barricades jusqu’à s’attirer l’appui du président français lorsque M. Trudeau a parlé de limites à la liberté d’expression, critiquant certains programmes fédéraux d’aide pendant la pandémie, François Legault n’a raté aucune occasion pour s’en prendre vertement au premier ministre canadien.

« Moi, je trouve que j’ai une très bonne relation avec M. Legault », a pourtant déclaré M. Trudeau, mercredi.

« Différents leaders ont différentes personnalités. Je pense que vous voyez à quel point, moi, je cherche toujours à trouver un terrain d’entente. […] Et je pense que vous avez vu au fil des années que quelqu’un dise quelque chose de moins positif à mon égard ou non, ça me blesse plus ou moins », a-t-il poursuivi.

Et ce qu’il retient de sa relation avec le Québec en 2020 : « Le gouvernement fédéral n’a jamais été aussi présent dans la vie des Québécois. »

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