Une députée du NPD plaide pour la libération de Meng Wanzhou

Le mois dernier, Niki Ashton a déposé une pétition à la Chambre des communes exigeant non seulement la fin des procédures contre Meng Wanzhou, mais aussi la permission à l’entreprise Huawei de participer au déploiement d’un réseau 5G au Canada.
Photo: Adrian Wyld Archives La Presse canadienne Le mois dernier, Niki Ashton a déposé une pétition à la Chambre des communes exigeant non seulement la fin des procédures contre Meng Wanzhou, mais aussi la permission à l’entreprise Huawei de participer au déploiement d’un réseau 5G au Canada.

Deux ans après l’arrestation de la directrice financière du géant chinois Huawei, qui a empoisonné les relations entre le Canada et la Chine, le pays s’en porterait beaucoup mieux si Ottawa venait à la libérer, de l’avis d’une élue du NPD qui brise les rangs de son parti.

La néodémocrate Niki Ashton, du Manitoba, était la tête d’affiche d’un panel virtuel, mardi soir, qui avait pour titre Free Meng Wanzhou (« Libérer Meng Wanzhou »). La réunion visait à demander au ministre canadien de la Justice d’user de son pouvoir discrétionnaire pour mettre un terme au processus d’extradition de Mme Meng vers les États-Unis. La députée a finalement eu un empêchement et n’a pas pris la parole lors de l’événement, mais son discours a été lu par un militant.

Meng Wanzhou a été arrêtée le 1er décembre 2018 lors d’une escale à Vancouver, à la demande du gouvernement Trump, qui lui reproche une fraude bancaire en lien avec les sanctions américaines contre l’Iran. Quelques jours plus tard, la Chine a arrêté deux Canadiens, Michael Kovrig Michael Spavor, dans ce qui est considéré par Ottawa comme une mesure de représailles.

Pétition

Le mois dernier, Niki Ashton a déposé une pétition à la Chambre des communes exigeant non seulement la fin des procédures contre la richissime Chinoise, mais aussi d’accorder la permission à l’entreprise Huawei de participer au déploiement d’un réseau 5G au Canada. Il n’était pas clair jusqu’ici si l’élue du NPD endossait personnellement le contenu de la pétition. Or, Mme Ashton se dit maintenant convaincue que le Canada a trop à perdre en adoptant une attitude ferme envers Huawei et sa dirigeante.

En entrevue au quotidien Winnipeg Free Press, mardi, la députée manitobaine dit entrevoir de sérieuses conséquences pour l’Ouest canadien si le pays continue de suivre « telle la queue d’un chien » la politique étrangère américaine du style de Donald Trump. Celle qui dispose d’une maîtrise en affaires internationales croit que le Canada est en train de « sauter dans le train antichinois ». Une position qui diffère de celle de son parti.

« La position exprimée dans la pétition est légitime et a été exprimée par certains experts canadiens, mais la position du NPD est que l’affaire devrait suivre la procédure régulière et que nous devrions respecter l’État de droit », a précisé la porte-parole du parti, Mélanie Richer. Niki Ashton n’a pas souhaité commenter l’affaire plus longuement, mardi.

Une motion conservatrice adoptée par la Chambre des communes la semaine dernière demande à ce qu’une réponse soit fournie d’ici les Fêtes à l’entreprise Huawei quant à sa participation au futur réseau 5G du Canada. Le ministre fédéral des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a refusé de s’engager à respecter cet échéancier, évoquant un enjeu de sécurité nationale.

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