L’appui du NPD au discours du Trône a coûté 5 milliards

Le NPD a exigé une bonification des mesures annoncées par le gouvernement en contrepartie de son appui au discours du Trône.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le NPD a exigé une bonification des mesures annoncées par le gouvernement en contrepartie de son appui au discours du Trône.

Il y a eu un prix à payer par le gouvernement de Justin Trudeau pour survivre à son premier vote de confiance et se maintenir en poste : 5 milliards de dollars. C’est ce que devraient coûter les bonifications apportées aux mesures d’aide d’Ottawa pour satisfaire le Nouveau Parti démocratique (NPD).

En août, le gouvernement fédéral avait annoncé qu’il prolongerait pour un dernier mois la Prestation canadienne d’urgence (PCU) puis qu’il dirigerait les bénéficiaires soit vers l’assurance-emploi, soit vers un programme de transition pour ceux qui ne se qualifient pas à l’assurance-emploi. Coût de la mesure annoncée : 29 milliards de dollars, plus 8 milliards pour le mois supplémentaire de PCU, pour un total de 37 milliards.

Le NPD avait critiqué ces changements parce qu’ils auraient fait en sorte que certains prestataires auraient reçu moins que les 500 $ par semaine de la PCU. En effet, avec l’assurance-emploi, un chômeur reçoit 55 % de son salaire assurable, jusqu’à un maximum de 573 $ par semaine. Certaines personnes gagnant peu ou travaillant à temps partiel auraient pu toucher moins. Ottawa avait fixé une prestation plancher de 400 $. La prestation pour ceux ne se qualifiant pas à l’assurance-emploi aurait aussi été de 400 $.

Bonification

Le NPD a exigé une bonification de ces mesures en contrepartie de son appui au discours du Trône, qui constitue un vote de confiance. Il l’a obtenue. Ottawa a relevé à 500 $ par semaine le niveau plancher des deux prestations. La ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, a révélé tard mardi soir que cela faisait gonfler la facture de 5 milliards. Le coût initial prévu de 29 milliards passera ainsi à 34 milliards (ou 42 milliards en incluant la PCU).

Selon la ministre, cela couvrira aussi le coût du nouveau congé de maladie de deux semaines, payé 500 $ par semaine par Ottawa. Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a aussi exigé — et obtenu — que ce congé soit offert non seulement aux personnes atteintes de la COVID-19 et à celles devant s’isoler à cause du coronavirus, mais aussi aux personnes dont la maladie (comme le rhume ou la grippe) les rendrait plus vulnérables à la COVID-19. Selon le NPD, ce changement fera en sorte que « des millions » de personnes se qualifieront à ce congé plutôt que juste « des milliers ».

L’appui de M. Singh a-t-il coûté trop cher ? « La COVID-19 coûte cher, a répondu le chef néodémocrate. C’est la réalité. Et ça va coûter plus cher encore si les travailleurs ne peuvent pas travailler chez eux s’ils tombent malades. C’est donc essentiel pendant une pandémie de maintenir l’aide aux gens. […] On est toujours prêts à faire les investissements dans les gens alors que les conservateurs couperont l’aide aux gens et parleront de déficit. »

Le projet de loi C-4 instaurant toutes ces mesures a été adopté à l’unanimité par la Chambre des communes mercredi matin à 3 h, après quatre heures et demie de débat. Le Parti conservateur et le Bloc québécois ont déploré que le projet de loi soit adopté sous le bâillon, mais l’ont appuyé néanmoins.

Le C-4 autorise par ailleurs Ottawa à dépenser jusqu’à 17 milliards de plus pour des programmes existants si un besoin urgent se fait sentir, et ce, sans obtenir une nouvelle autorisation du Parlement. Le coût total de C-4 est donc potentiellement, si ces sommes sont effectivement utilisées, de 59 milliards.

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