Le Bloc lance un ultimatum aux libéraux

Selon Yves-François Blanchet, le premier ministre et son ministre des Finances «ont clairement établi que leur façon de gérer l’argent des contribuables n’était pas digne de la fonction qu’ils occupent».
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Selon Yves-François Blanchet, le premier ministre et son ministre des Finances «ont clairement établi que leur façon de gérer l’argent des contribuables n’était pas digne de la fonction qu’ils occupent».

Le chef bloquiste s’engage à déposer une motion en octobre pour faire tomber le gouvernement minoritaire si, d’ici là, Justin Trudeau et son ministre des Finances n’ont pas démissionné. Cependant, cette menace n’ira pas très loin, les néo-démocrates étant prêts à protéger le gouvernement libéral.

Les conservateurs, de leur côté, attendent l’arrivée du nouveau chef pour prendre une décision, mais ils ne sont pas assez nombreux pour provoquer la chute des libéraux en s’alliant aux bloquistes.

Le Bloc québécois et les conservateurs réclament le départ de M. Trudeau et de Bill Morneau, entachés, selon l’opposition, par le scandale autour de l’attribution d’un contrat à l’organisme de charité UNIS. L’organisme, qui a des liens avec les familles Trudeau et Morneau, avait été choisi par le gouvernement libéral pour gérer un programme de bourses qui encourage le bénévolat étudiant en temps de pandémie.

Selon Yves-François Blanchet, le premier ministre et son ministre des Finances « ont clairement établi que leur façon de gérer l’argent des contribuables n’était pas digne de la fonction qu’ils occupent ».

M. Blanchet a lancé son ultimatum mercredi matin au moment où les Communes se préparaient à siéger pour une journée dans la forme hybride adoptée depuis le printemps dernier. M. Blanchet calcule que c’est en octobre qu’il aura, pour la première fois, l’occasion de déposer une motion qui retirerait au gouvernement la confiance de la Chambre.

Pas d’appui des néo-démocrate

Pour avoir raison du gouvernement minoritaire, les bloquistes auraient besoin de l’appui des néo-démocrates et des conservateurs.

Chez les néo-démocrates, on ne semble pas avoir d’appétit pour des élections. On s’inquiète plutôt de l’impact de la fin prochaine de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et on laisse entendre que tant que le gouvernement libéral livrera la marchandise pour tous ces travailleurs privés d’emploi par la COVID-19, il pourra compter sur l’appui du NPD.

« Les libéraux doivent travailler avec nous pour améliorer d’une façon permanente l’assurance-emploi afin que les gens reçoivent de l’aide », écrit, dans un courriel, la porte-parole de M. Singh.

« On a perdu totalement confiance dans le premier ministre Justin Trudeau et son ministre des Finances », a voulu rappelé, de son côté, le député conservateur québécois Alain Rayes.

« En temps et lieu, une fois qu’on aura notre nouveau chef, on analysera toutes les possibilités qui sont devant nous », a-t-il déclaré, en entrevue téléphonique. Ce nouveau chef sera connu après le 21 août.

Le chef bloquiste ne croit pas que la pandémie soit un obstacle à la tenue d’élections fédérales. M. Blanchet estime que le Directeur général des élections peut facilement assurer la sécurité sanitaire à l’urne en imposant des règles de distanciation.

« Parce que si on prend le raisonnement a contrario, ça voudrait dire que tant qu’il y a pandémie, nous vivons en dictature », a-t-il lancé lors de son point de presse.

Toutefois, il aimerait mieux que le gouvernement libéral, sans M. Trudeau et M. Morneau, reste en place et assure une continuité dans la gestion des affaires du pays en ces temps de pandémie.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, intercepté mercredi après-midi à l’entrée de l’immeuble parlementaire qui abrite la Chambre des communes, n’a pas semblé troublé par l’ultimatum bloquiste.

« Les menaces ne me préoccupent pas. Je pense que les Canadiens, en ce moment, réfléchissent à la façon de relancer l’économie. Nous sommes en pleine pandémie », a dit M. Champagne avant d’ajouter que les libéraux seraient prêts si on en venait là.

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