Ottawa préconise le masque à l’école, Québec toujours indécis

La santé publique canadienne recommande le port du masque pour les enfants de 10 ans et plus.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne La santé publique canadienne recommande le port du masque pour les enfants de 10 ans et plus.

Alors que Québec tergiverse encore sur le port du masque dans les écoles, la Direction de la santé publique fédérale, elle, fait son nid. Elle recommande que tous les écoliers de 10 ans et plus le portent, à tout le moins lorsqu’ils ne se trouvent pas en classe.

Dans un document publié vendredi, Santé Canada dresse une liste exhaustive de pratiques à considérer pour assurer une rentrée scolaire sécuritaire. On propose par exemple de reporter les activités sportives d’équipe et les sorties éducatives, de déplacer à l’extérieur les activités en grands groupes, d’ouvrir les fenêtres, d’instaurer des corridors à sens unique, de garder les portes ouvertes pour réduire le nombre de contacts avec les surfaces, d’inviter les jeunes à apporter leur bouteille d’eau, de réduire la capacité des cafétérias ou de faire manger les enfants en classe. Notamment.

Mais la mesure la plus attendue concerne le port du masque non médical. « Selon les données actuelles concernant la transmission de la COVID-19, les masques non médicaux sont recommandés chez les enfants et les jeunes de plus de 10 ans, lit-on dans le document. Dans la mesure du possible, les écoles devraient envisager une politique qui recommande l’utilisation des masques non médicaux en fonction du niveau scolaire ou du groupe de classes. »

Le document reconnaît que les enfants d’une même classe auront souvent des interactions les uns avec les autres. On suggère donc aux autorités locales de santé publique de décider si le port du masque est requis en classe.

En conférence de presse, les administrateurs de la santé publique fédérale ont pris soin de souligner qu’il s’agit là de suggestions et que chaque région devrait concocter des règles prenant en compte la prévalence du virus dans son coin de pays.

« C’est important d’utiliser [ces recommandations] parallèlement aux lignes directrices des autorités des provinces et territoires », a insisté le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la santé publique du Canada. « Il faut être conscient des circonstances et du contexte local et en particulier de l’épidémiologie locale. Il faut être flexible. […] On peut imaginer que dans une région ou une communauté où il n’y a pas vraiment beaucoup de cas, peut-être on peut être plus flexible et cela n’a pas besoin d’être une mesure obligatoire, mais dans une autre communauté avec peut-être plus de circulation et plus de cas, c’est peut-être plus important de mettre plus obligatoire le port du masque. »

Jusqu’à présent, l’Ontario, l’Alberta et la Nouvelle-Écosse ont indiqué avoir l’intention d’obliger le port du masque dans les écoles cet automne. La Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba et Terre-Neuve s’y refusent pour l’instant. À l’Île-du-Prince-Édouard, le port du masque sera fortement recommandé. Le Nouveau-Brunswick n’a pas encore tranché.

Une décision à venir

Du côté de Québec, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a indiqué qu’il était au courant de la directive émise par Ottawa et qu’il allait consulter ses équipes pour mesurer ce qu’elle implique. « Je ne suis pas en train de vous dire qu’on garantit qu’on va faire exactement la même chose qu’en Ontario ou ailleurs, a-t-il dit, parce que c’est un élément parmi d’autres dans la gestion des éléments, mais la position sera annoncée par les autorités au courant de la semaine prochaine. » M. Arruda a indiqué que les nouvelles directives de Québec pourraient être annoncées dès lundi.

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