Scheer veut un maillage entre les étudiants et les emplois

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a l'intention d'exiger des amendements au projet de loi sur la PCUE à la Chambre des communes mercredi.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a l'intention d'exiger des amendements au projet de loi sur la PCUE à la Chambre des communes mercredi.

Aider les étudiants à traverser la pandémie ? Andrew Scheer le veut bien. Mais leur envoyer des chèques pour qu’ils restent à la maison, alors que des emplois seront peut-être disponibles ? Le chef conservateur est moins d’accord. Il exigera du gouvernement libéral qu’il bonifie son plan d’aide destiné aux étudiants pour y inclure un maillage entre emplois et jeunes travailleurs.

« Nous voudrions voir un plan qui encourage le travail en faisant un lien entre, d’une part, les emplois disponibles et les employeurs ayant de la difficulté à recruter des travailleurs, et, d’autre part, les jeunes qui cherchent de l’expérience », a expliqué le chef conservateur, Andrew Scheer.

La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau avait annoncé la création de la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE) en complément de la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Alors que la PCU verse 2000 $ par mois aux travailleurs ayant perdu leur emploi, la PCUE versera 1250 $ par mois aux étudiants de niveau postsecondaire qui espéraient travailler cet été, mais ne trouveront pas d’emploi à cause de la pandémie. Pour l’instant, il n’est pas question d’exiger une preuve qu’ils auraient autrement travaillé. Ceux qui avaient déjà un emploi et l’ont perdu se qualifient à la PCU.

M. Scheer déplore qu’on n’encourage pas davantage le travail chez les jeunes. « Il y a des besoins dans notre économie, a-t-il plaidé. Il y a des producteurs qui ont besoin de travailleurs. Des entrepreneurs et des propriétaires de petites entreprises qui ont besoin de travailleurs. Des épiceries ont des heures allongées et ont besoin de travailleurs aussi. »

Le chef conservateur n’est pas le seul ni le premier à soulever des doutes envers la PCUE. La semaine dernière, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a soutenu que ce programme nuira à ses efforts de recrutement de main-d’œuvre. L’UPA a prédit que la prestation fédérale annulera l’effet incitatif des 100 $ par semaine que Québec a promis de verser à ceux qui iront travailler dans les champs cet été. Le ministre du Travail, Jean Boulet, a abondé dans ce sens. « Ça peut avoir un effet désincitatif sur notre programme. »

De même, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a déclaré la semaine dernière que la PCU et la PCUE constituent « une préoccupation majeure » en ce qu’elles nuisent au recrutement dans les industries saisonnières, importantes dans sa province.

Pour entrer en vigueur, le programme proposé par Justin Trudeau doit faire l’objet d’un projet de loi à la Chambre des communes. Celui-ci a été présenté samedi aux partis d’opposition. Il pourrait être débattu à la Chambre des communes dès mercredi, si une entente est conclue. Le Parti conservateur n’est pas le seul à exprimer des réserves. Au NPD, on est aussi mécontent. Une source explique au Devoir que le parti de Jagmeet Singh réclame plutôt une PCU universelle, c’est-à-dire que tout le monde pourrait toucher. On n’accepte pas que les étudiants reçoivent une compensation moindre que les autres travailleurs.

Avec Mylène Crête