La subvention salariale de 75% est adoptée à la Chambre des communes

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

La Chambre des communes a adopté samedi la politique économique canadienne la plus importante depuis la deuxième guerre mondiale.

La Subvention salariale d’urgence du Canada devrait inciter de nombreux employeurs à garder leurs employés pendant la pandémie de la COVID-19 ou à les réembaucher en ayant l’assurance qu’une part de leur salaire sera subventionnée.

« En conservant leurs employés, les entreprises canadiennes seront davantage en mesure de rebondir après la crise », a déclaré le ministre des Finances, Bill Morneau, samedi après-midi.

La subvention couvrira 75 % de la première tranche de 58 700 $ des employés, ce qui représente un montant maximal de 847 $ par semaine par employé. Le programme sera en vigueur du 15 mars au 6 juin 2020 et est rétroactif.

Le gouvernement fédéral estime qu’il devrait coûter quelque 73 milliards de dollars aux coffres de l’État.

Le Sénat a siégé à son tour samedi en fin d’après-midi. Le projet de loi C-14 a par la suite reçu la sanction royale et est donc loi.

Les entreprises devraient être en mesure d’appliquer pour les subventions salariales d’ici « deux à cinq semaines » selon le ministre Morneau, qui n’a pas été en mesure de fournir un échéancier plus précis.

« On espère d’avoir l’argent plus tôt si c’est possible », a-t-il ajouté.

Discours des chefs

Dans un discours aux Communes, le premier ministre Justin Trudeau a appelé tous les Canadiens à « servir » leur pays, comme leurs ancêtres l’ont fait dans les guerres mondiales du siècle dernier.

M. Trudeau a indiqué que la COVID-19 n’est pas une « guerre », mais qu’elle n’est pas moins destructive à l’échelle planétaire.

« Notre détermination à en finir avec ce virus, notre engagement à veiller sur les uns les autres, seront mis à l’épreuve. Mais je sais que nous sommes à la hauteur du défi devant nous », a-t-il déclaré.

Il a aussi souligné les efforts des « héros des temps modernes », ces travailleurs essentiels qui travaillent dans les hôpitaux, les épiceries et les pharmacies.

Mais c’est vers les aînés, plus touchés par le virus, que le premier ministre s’est tourné en guise de conclusion.

« Pour eux et pour leurs petits-enfants, nous allons endurer, nous allons persévérer et nous allons triompher », a affirmé M. Trudeau.

Il s’agissait de sa première apparition publique hors de sa résidence depuis que son épouse a été infectée par le virus. Elle est depuis guérie.

M. Trudeau prendra congé dimanche et lundi afin de passer du temps avec sa famille.

Séances virtuelles ou non ?

Même s’il y a eu consensus pour l’adoption du projet de loi, l’opposition conservatrice s’oppose toujours au Parlement « virtuel » préconisé par le gouvernement libéral qui pourrait voir le jour d’ici quatre semaines.

Andrew Scheer a réitéré samedi qu’il souhaite que des séances se tiennent à la Chambre des communes en personne, mais avec un nombre de députés réduit. Il se dit convaincu que les parlementaires pourront respecter les règles de distanciation sociale.

« C’est toujours essentiel dans une démocratie d’avoir un Parlement qui fait son 'job'. […] Et dans une crise, c’est encore plus essentiel », a soutenu le chef conservateur.

Mais le leader parlementaire du gouvernement continue de faire valoir qu’un rappel des Communes, même avec moins de députés, voudrait dire que plus de personnel politique ou d’employés de soutien seraient exposés au virus.

« Il faut tenir compte du fait qu’il y a des gens qui doivent nettoyer les lieux. Il y a les agents de sécurité. Il y a les gens qui travaillent au niveau du service technique, ceux qui travaillent au niveau de l’interprétation, les conseillers politiques. Donc ça fait aussi beaucoup de monde », a expliqué Pablo Rodriguez.

Le Bloc québécois et le NPD pour leur part soutiennent l’idée de séances virtuelles.

La Chambre des communes a suspendu ses travaux jusqu’au 20 avril. Un comité fédéral étudiera l’idée de tenir des séances virtuelles au Parlement canadien.

Nombre de cas

Il y a 23 318 cas confirmés et probables décelés par les tests administrés au Canada. La COVID-19 a provoqué jusqu’à maintenant la mort de 653 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans disponibles : 12 292 cas au Québec, dont 289 décès ; 6648 cas en Ontario, dont 253 décès ; 1569 cas en Alberta, dont 40 décès ; 1445 cas en Colombie-Britannique, dont 58 décès ; 428 cas en Nouvelle-Écosse, dont deux décès ; 289 cas en Saskatchewan, dont quatre décès ; 241 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès ; 243 cas au Manitoba, dont quatre décès ; 112 cas au Nouveau-Brunswick ; 25 cas à l’Île-du-Prince-Édouard ; huit cas au Yukon ; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest ; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

Des tests ont été menés sur plus de 400 000 personnes, dont plus de 5 % ont été trouvés positifs.

L'Alberta va partager son surplus d'équipements de protection personnelle

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, a affirmé que sa province comptait sur suffisamment de masques, gants chirurgicaux, ainsi que de respirateurs pour combler ses besoins pendant la crise liée à la pandémie de la COVID-19 et qu'il souhaitait partager ses ressources avec les autres provinces.

Il a indiqué que l'Ontario allait recevoir des masques, des gants et des respirateurs, le Québec recevra des masques et des gants et la Colombie-Britannique recevra des masques.

M. Kenney a fait cette annonce samedi à partir d'un entrepôt des Services albertains de la santé, à Edmonton. Il a noté que cet entrepôt, ainsi que huit autres, étaient remplis d'équipements.

M. Kenney a mentionné que le nombre d'hospitalisations en Alberta était sous les projections des modèles à ce point-ci de la crise et il a attribué cette situation aux efforts des Albertains pour respecter les recommandations des autorités de la santé.

Il a aussi pointé vers une planification rapide de la gestion de la pandémie en Alberta pour expliquer ce surplus, ainsi que vers le pouvoir d'achat qui vient de l'administration centralisée du système de santé provincial.

Malgré quelques mésententes avec d'autres provinces concernant des projets d'oléoduc, M. Kenney a déclaré qu'il n'aurait pas eu la conscience tranquille s'il avait gardé le surplus d'équipements en réserve.