Le DPB prévoit un grand repli de l’économie canadienne

L’augmentation du déficit budgétaire et la diminution du PIB nominal ramèneront le ratio de la dette fédérale au PIB à 38,1% en 2020-2021, une première depuis 2003-2004.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne L’augmentation du déficit budgétaire et la diminution du PIB nominal ramèneront le ratio de la dette fédérale au PIB à 38,1% en 2020-2021, une première depuis 2003-2004.

Selon le scénario retenu par le Directeur parlementaire du budget (DPB), l’économie canadienne pourrait se contracter de 5,1 % cette année. Le déficit fédéral bondirait à 5,2 % du PIB en 2020-2021 et le ratio de la dette, à 38,1 %.

Dans sa mise à jour, le DPB part du principe que les mesures de distanciation sociale et de confinement prises actuellement demeureront en vigueur jusqu’en août. Et que les pays membres et partenaires de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole ne plafonneront pas leur production.

Ainsi, la nouvelle estimation voit le PIB réel diminuer au taux annualisé de 2,5 % au premier trimestre de 2020, puis de 25 % au deuxième trimestre. En 2020, la croissance du PIB réel serait de –5,1 %, soit la plus faible jamais enregistrée depuis 1962. S’ajoute un effet déflationniste traduisant une baisse du niveau général des prix dans l’économie et entraînant une diminution plus forte du niveau du PIB nominal.

Le taux de chômage devrait augmenter à 15 % au troisième trimestre.

Sur le plan financier, les résultats budgétaires retenus tiennent compte des mesures fédérales de soutien directes totalisant 28,5 milliards annoncées le 11 mars et le 18 mars. Les mesures additionnelles annoncées après le 23 mars ne sont pas comprises. Le déficit budgétaire atteindra 26,7 milliards en 2019-2020, puis 112,7 milliards en 2020-2021, soit 1,2 % et 5,2 % du PIB respectivement. « La dernière fois qu’il a atteint près de 5,2 % du PIB, c’était en 1993-1994 », précise le DPB.

L’augmentation du déficit budgétaire et la diminution du PIB nominal ramèneront le ratio de la dette fédérale au PIB à 38,1 % en 2020-2021, une première depuis 2003-2004. « Il demeure toutefois bien en deçà du sommet de 66,6 % atteint en 1995-1996. »

« Même si des mesures supplémentaires seront nécessaires, notons que le gouvernement affichait un bilan sain avant ces chocs. » Le DPB ajoute qu’étant donné que les taux offerts sur le marché du crédit sont historiquement bas, « tout laisse croire que le gouvernement pourrait contracter d’autres emprunts importants s’il le fallait ».