Les «snowbirds» invités à devancer leur migration

La ministre de la Santé, Patty Hajdu, conseille les Canadiens qui passent leur hiver en Floride de revenir rapidement au Canada.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne La ministre de la Santé, Patty Hajdu, conseille les Canadiens qui passent leur hiver en Floride de revenir rapidement au Canada.

Les snowbirds, ces Canadiens qui passent leur hiver sous le soleil plus clément de la Floride, sont invités eux aussi à rentrer à la maison le plus rapidement possible, et ce, même s’ils détiennent une résidence en sol américain.

« Que vous soyez un snowbird et que vous ayez ou pas une résidence semi-permanente en Floride ou en Arizona, c’est le temps de rentrer », a lancé la ministre de la Santé, Patty Hajdu.

« Si les gens tombent malades, il vaut mieux qu’ils le soient dans leur pays où ils savent qu’ils jouissent d’une couverture santé appropriée. »

La ministre a rappelé que « les choses changent rapidement ».

C’est précisément la raison pour laquelle l’Association canadienne des snowbirds invite ses quelque 110 000 membres à se plier à la consigne.

 

Son directeur des communications, Evan Rachkovsky, explique que si les frontières des États-Unis ou de certains États devaient fermer inopinément, les Canadiens coincés pourraient se retrouver en sol américain plus longtemps que les 182 jours par année autorisés. Ils pourraient alors contrevenir aux règles migratoires des États-Unis et se voir obligés de remplir une déclaration de revenus américaine.

Sans compter qu’ils risquent de ne plus être admissibles à l’assurance maladie de leur province une fois de retour au Canada. Il faut en effet résider au pays six mois plus un jour pour s’y qualifier.

Perte d’assurance médicale privée

Cependant, selon M. Rachkovsky, les snowbirds risquent surtout de perdre leur assurance médicale privée. Le Canada a émis, le vendredi 13 mars dernier, un « avertissement officiel global aux voyageurs » les exhortant à éviter tout voyage non essentiel.

Or, la plupart des assureurs privés prévoient dans leurs contrats la possibilité d’y mettre fin après l’émission d’un tel avis.

 

Trois assureurs, dont Johnson Insurance, qui offre le populaire Medoc, ont indiqué qu’ils le feraient 10 jours suivant l’avis, soit lundi prochain. Il pourrait y en avoir davantage.

« Nous sommes en train de compiler une liste des compagnies d’assurance qui n’offriront plus de couverture au-delà de la période de 10 jours ou tout autre changement dans leur politique », indique M. Rachkovsky.

Les Canadiens qui reçoivent des soins médicaux à l’étranger sont remboursés à leur retour (au Québec, par la RAMQ), mais en fonction de la grille tarifaire en vigueur dans leur province.

C’est parce que les tarifs pratiqués aux États-Unis sont beaucoup plus élevés que les snowbirds contractent généralement une assurance privée complémentaire.

En l’absence d’une telle assurance et dans un contexte sanitaire incertain, les retraités qui décideraient de demeurer aux États-Unis s’exposent à d’éventuelles factures médicales salées.