Spavor et Kovrig n’auront pas droit à un avocat pour leur procès, tranche Pékin

L’arrestation en Chine de Michael Kovrig (à gauche) et de Michael Spavor (à droite) est survenue quelques jours après celle de Meng Wanzhou.
Photo: Associated Press L’arrestation en Chine de Michael Kovrig (à gauche) et de Michael Spavor (à droite) est survenue quelques jours après celle de Meng Wanzhou.

Le ministre de la Justice du Canada se dit préoccupé par le fait que deux Canadiens détenus en Chine se sont vu refuser l’accès à des avocats alors qu’ils font face à des procès où les condamnations sont pratiquement garanties.

Ni Michael Spavor ni Michael Kovrig n’ont vu un avocat ou un membre de leur famille dans l’année ayant suivi leur arrestation, dans le cadre de ce qui est largement considéré comme des représailles pour l’arrestation par le Canada de la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, en raison d’une demande d’extradition des États-Unis.

Les deux hommes ont rencontré mensuellement des responsables consulaires du Canada, qui qualifient les détentions d’arbitraires.

À son arrivée pour la réunion du cabinet mardi matin — jour du premier anniversaire des détentions —, le ministre de la Justice, David Lametti, s’est dit troublé par le fait qu’ils n’ont pas eu accès à un avocat. Il affirme que le premier ministre, Justin Trudeau, et le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, ont fait de la libération des deux hommes « leur priorité ».

Ces efforts ont été encore davantage mis en doute, mardi, lorsqu’une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré à des journalistes à Pékin que les cas de MM. Spavor et Kovrig avaient été remis à des procureurs « pour enquête et poursuites », en lien avec des allégations de menace à la sécurité nationale.

« Les autorités judiciaires chinoises traitent les cas dans le strict respect de la loi et protègent les droits légitimes des deux citoyens canadiens », a affirmé Hua Chunying, selon une transcription en anglais publiée sur le site Web du ministère.

Elle a ajouté que les deux hommes « se portent bien », mais n’a pas répondu aux questions concernant leur accès à un avocat.

M. Kovrig, un ancien diplomate canadien, est employé par l’International Crisis Group, une organisation non gouvernementale. M. Spavor est un entrepreneur spécialisé dans les affaires en Corée du Nord.

Les députés conservateurs demandent du soutien pour former un comité spécial chargé d’examiner tous les aspects de la relation Canada-Chine, qui convoquerait également MM. Trudeau et Champagne, ainsi que le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, comme témoins.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, a déclaré dans un communiqué que les libéraux se sont révélés « un gouvernement peu sérieux incapable de gérer cet important dossier ».